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Collection asiatique d’un explorateur

Le 24 novembre 2021, par Sophie Reyssat

À l’orée du XXe siècle, l’officier de marine Louis Audemard a réuni les souvenirs de ses voyages.

Collection asiatique d’un explorateur
Chine XIXe siècle. Lit à opium en bois, orné de sept pierres de rêves sur trois côtés, la ceinture sculptée et ajourée de fleurs, 111 195 105 cm.
Estimation : 30 000/40 000 


Le marché de l’art aime les provenances. Cette collection asiatique attirera l’attention car elle remonte aux années 1900, lorsque son auteur, le capitaine de frégate Louis Audemard (1865-1955), croisait au large des rivages de la Chine, du Japon et du Sud-Est asiatique. De ses périples, il a ramené nombre de souvenirs, auxquels il a réservé un salon de son château familial. On ne peut s’empêcher de penser à Pierre Loti, qui fit de même dans sa demeure de Rochefort. Le commandant de marine, également dessinateur habile, le rencontra d’ailleurs et illustra certains de ses livres. «[…] l’impression qui nous reste des grands temples sombres, des grandes toitures d’émail jaune couronnant l’énormité titanesque des terrasses de marbre, s’exalte jusqu’à de l’admiration subjuguée, jusqu’à du respect et de l’effroi», écrivait Loti en se remémorant une nuit passée dans les volutes de l’opium. Comme lui, Audemard a ramené de Chine un lit réservé à la fumerie de la drogue (voir photo), accompagné par un nécessaire de fumeur (1 000/1 200 €). Loin d’être une tradition de l’Extrême-Orient, cette pratique est née des échanges économiques et culturels entre l’Occident et la Chine, suite à l’introduction du tabac en Asie, et aux importations de l’opium des Indes britanniques. Elle est néanmoins devenue emblématique d’un exotisme qui séduira également à travers une robe de cour chinoise ou des lances d’apparat indonésiennes.

Agenda

Le mercredi 1er décembre seront dispersés quelque 150 souvenirs ramenés d’Asie vers 1900 par l’officier de marine Louis Audemard. La Chine sera bien représentée, entre une robe de cour du XIXe siècle brodée de huit dragons à cinq griffes poursuivant la perle sacrée (autour de 5 000 €), et un paravent à huit feuilles fabriqué au tournant du XXe siècle, dont le bois sculpté s’orne de plaques en porcelaine et d’émaux de la famille rose et bleue (4 000 € environ). Le Japon sera également au rendez-vous, ainsi que le Sud-Est asiatique. De la même époque, six lances d’apparat indonésiennes en étain, montées sur une hampe de bois laqué rouge, inspireront le respect autour de 5 000 €.

mercredi 01 décembre 2021 - 14:30 - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
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