Ivoire de Trapani

Le 15 avril 2021, par Sophie Reyssat

Sacrés ou profanes, fonctionnels et décoratifs, les objets d’art se déclinent du XVIIe au XIXe siècle.

Italie du Sud, Trapani, XVIIIe siècle. Suite de quatre scènes en ivoire sculpté représentant l’Annonciation, la Fuite en Égypte (reproduite), Jésus dans l’atelier de saint Joseph et le don du rosaire à saint Dominique, sur des consoles à claire-voie ornées de rinceaux, cadres ovales en bois sculpté et doré, 47 37,5 cm.
Estimation : 18 000/20 000 

Dès les premiers numéros, cette vente classique donne le ton avec quatre scènes religieuses sculptées dans l’ivoire par un atelier de Trapani au XVIIIe siècle. À la Renaissance, la ville sicilienne s’est spécialisée dans la production de petites pièces sacrées ou profanes, ciselée dans le corail ou l’ivoire importé d’Afrique, des coffrets aux chandeliers, en passant par les crucifix et les crèches. Le goût de l’époque baroque pour les figurines d’ivoire a permis à ses ateliers de faire la démonstration de leur savoir-faire, qui se manifeste ici dans le soin accordé aux détails jusque dans les consoles sculptées, la sophistication des drapés et les expressions délicates des personnages bibliques. Le sculpteur a relevé le défi de concentrer l’intensité du message chrétien – l’Annonciation, la fuite en Égypte, Jésus dans l’atelier de saint Joseph et le don du rosaire à saint Dominique – dans des dimensions réduites. Un important ensemble de verreries réunies par un passionné depuis plus de quarante ans permettra de faire son choix entre des gobelets, des confituriers ou encore tous types de bouteilles, produits entre le XVIIe et le XIXe siècle (entre 150 et 1 500 €). À côté des pièces de collection, comme quatre boîtes à jeux de quadrille signées par Marival le Jeune à Rouen, en ivoire, nacre et laiton doré, peintes et gravées d’angelots, d’un faune et de Bacchus (6 000/8 000 €), les objets d’ameublement du XVIIIe siècle seront proposés dans différents budgets. À restaurer, un fauteuil estampillé «J. Nadal l’Aîné», à haut dossier ponctué de pommes de pins, orné de frises de poste et d’acanthe, sera accessible autour de 1 100 €, contre environ 21 000 € pour un modèle à châssis attribué à Nicolas-Quinibert Foliot, dont l’assise chantournée et le dossier à la reine sont sculptés d’ornements rocaille.

Agenda

Près de 200 lots déclineront les arts anciens le mardi 20. Une croix en bois du mont Athos, entièrement sculptée de scènes religieuses au XVIIe siècle, et montée en argent et bronze doré garni de corail en Italie du Sud au siècle suivant (environ 5 000 €), ouvre les enchères auprès de quatre scènes sacrées sculptées dans l’ivoire à Trapani, présentées sur consoles et encadrées (18 000/20 000 €). À la suite d’une quarantaine de verreries anciennes (entre 150 et 1 500 €), les sculptures évoqueront l’Antiquité, à l’image d’Hercule enfant étouffant un serpent, un marbre français de la fin du XVIIe siècle reprenant l’œuvre d’Alessandro Algardi, lui-même inspiré par un marbre romain du IIe siècle (12 000/18 000 €). Alors que des têtes de bacchantes retiennent les guirlandes de pampres en bronze doré d’époque Louis XVI ornant une paire de brûle-parfums en onyx (6 000/8 000 €), des masques barbus décorent le marbre vert de mer d’une paire de vases Médicis taillés à Rome vers 1800 (30 000/40 000 €).

mardi 20 avril 2021 - 14:30 - Live
Neuilly-sur-Seine - Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200
Aguttes
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