Quatre immortels sur huit de fin de l’époque Ming

Le 02 juin 2021, par Claire Papon

La tradition taoïste raconte que la mer de Bohai était autrefois hantée par des êtres célestes, dont les huit immortels étaient les plus fameux. Quatre d’entre eux, représentés à la fin de l’époque Ming, prennent le chemin des enchères.

Chine, fin de l’époque Ming (1368-1644). Ensemble de quatre statuettes en bronze à patine brune à traces de dorure figurant quatre immortels taoïstes debout sur un rocher, h. totale 32,6 à 33 cm.
Estimation : 50 000/60 000 €

Le 25 septembre 2020 (Auction Art Rémy Le Fur & Associés), un vase impérial d’époque Qianlong en porcelaine orné des huit immortels voguant sur la mer de l’Est, de retour du banquet offert par Xiwangmu, la reine-mère de l’Ouest, était disputé jusqu’à 4 453 960 €. Un bon présage pour nos statuettes autrefois au nombre de huit mais séparées probablement au XIXe siècle. En plus de leurs dimensions respectables, ces pièces décoratives exécutées à la cire perdue au XVIIe siècle, peuvent s’enorgueillir de leur belle patine et de leurs traces de dorure au mercure. Les spécialistes reconnaîtront le rondouillard Zhongli Quan tenant un éventail servant à ramener les morts, Han Xiangzi, patron des musiciens, muni d’une fleur céleste, Li Tieguai, symbole de l’argent et de la santé, représenté avec une canne de fer et une gourde d’alcool, et enfin Lan Caihe arborant une fleur de bonheur et de longévité. Manquent à l’appel Lu Dongbin, immortel protecteur, portant une épée, Zhang Guolao se déplaçant sur un âne et tenant un instrument de musique, patron des peintres et dont la mission est de venir en aide aux personnes qui essaient d’avoir un enfant. Symbole de la réussite dans les études, Cao Guojiu est reconnaissable à ses deux tablettes de jade, tandis que He Xiangu, allégorie de la famille et du mariage, est une femme avec une fleur de lotus. À l’origine simples mortels, ces personnages ont gagné la vie éternelle et la sagesse grâce à la pratique du Tao, après avoir lutté contre le mal. Vaste entreprise…

Agenda
Le premier coup de marteau tombera sur un masque punu/lumbo (Gabon) classique, à coiffure à coque brodée de nattes latérales surmontant un visage aux traits réguliers (4 000/6 000 €). Du continnent noir, on passe à l'Asie où sont annoncées deux armures japonaises (12 000/15 000 € chacune), un petit coffret en laque fundame et argent, incrustations de nacre et corail sculpté, d'époque Meiji, s'ouvrant et découvrant quatre tiroirs (3 000/5 000 €), mais surtout un groupe de quatre statuettes de la fin de l'époque Ming en bronze figurant quatre immortels taoïstes pour lequel il faudra prévoir de débourser 50 000/60 000 €. Deux statuettes sino-tibétaines XVIIIe, en bronze à patine dorée et traces de polychromie, l'une figurant un bouddha debout aux yeux ouverts, l'autre une guanyin la tête coiffée d'une haute couronne, sont annoncées (chacune) à 15 000/20 000 €, deux bustes en grès gris d'Angkor Vat (XIIe siècle), l'un de Vishnou, debout, les yeux ouverts, l'autre de Lokeshvara les yeux fermés, seront dipsutés respectivement à 15 000/25 000 € et 10 000/20 000 €.
mercredi 09 juin 2021 - 13:30 - Live
Salle 10 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Thierry de Maigret
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