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Zinaïda Serebrjakowa, souvenirs de Russie

Le 10 juin 2021, par Sophie Reyssat

Comme ces pommes de Zinaïda Serebrjakowa, tableaux et documents évoquent le destin des artistes russes.

Zinaïda Serebrjakowa, souvenirs de Russie
Zinaïda Serebrjakowa (1884-1967), Les Pommes vertes sur les branches, vers 1916, huile sur toile, 48 65 cm. 
Estimation : 30 000/50 000 

Avec Les Pommes vertes sur les branches, c’est toute la nostalgie de la Russie qui s’exprime. Les fruits ont été peints par Zinaïda Serebrjakowa, née dans une famille à la sensibilité artistique. Son père n’était autre que le sculpteur animalier Eugène Lanceray, dont le grand-père, officier de Napoléon, était resté dans la patrie du tsar après la campagne de 1812. Sa mère, Ekaterina Benois, habile dessinatrice, était la sœur du peintre Alexandre Benois, dont le grand-père avait lui-même émigré en Russie lors de la Révolution française… Zinaïda Serebrjakowa a passé sa jeunesse dans la propriété familiale de Neskuchnoe, un village aujourd’hui en Ukraine, dont elle a peint les paysages environnants. Plusieurs tableaux de pommes sont ainsi conservés dans des musées russes, réminiscence d’heures paisibles, avant que la révolution bolchévique chasse l’artiste de sa demeure et finisse par la contraindre à émigrer en France, en 1924. Sergueï Soudeïkine, dont les œuvres sont rares sur le marché, sera remarqué pour une toile peinte vers 1910-1920, Scène en Géorgie (57 87 cm). Offerte par son épouse à ses amies Nina et Olga Pankoff, elle a été conservée dans leurs descendance jusqu’à aujourd’hui (40 000/60 000 €). La majeure partie des autres tableaux présentés le dimanche 13, provenant de la collection d’Alexandre et Alexandra Zavolokine, et de celle d’un amateur parisien, témoignent des différences de styles entre les peintres des années 1920-1930 restés en Russie, et les artistes de l’émigration blanche. Le samedi 12, les années d’exil seront évoquées par le livre d’or de la ballerine Mathilde Kschessinska, dans lequel ses invités de la villa Alam, sur la Côte d’Azur, ont laissé leurs témoignages (2 000/3 000 €). Des documents intéresseront les amateurs de Nina Berberova, dont les archives sont aujourd’hui conservées aux État-Unis, où a émigré la femme de lettres : un drame inédit en cinq actes, Le Destin de Louis Demourg et sept lettres à son éditeur, Solomon Kaplun (10 000 / 15 000 €).

dimanche 13 juin 2021 - 14:00 - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000 Versailles
Osenat
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