Mythes et légendes sud-américains

Le 10 décembre 2020, par Claire Papon

Une collection de 90 œuvres met en lumière l’art précolombien, notamment celui du Mexique, avec une représentation du dieu Xipe Totec et un joug sculpté de la culture totonaque.

Mexique, culture Aztèque, 1200-1521 après J.-C. Représentation du dieu Xipe Totec en pierre volcanique gris à patine brune, avec traces de pigment rouge, 72 25 18 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

Rien ne prédestinait semble-t-il Pierre S., cadre dirigeant chez Renault, à une telle rencontre avec l’art mésoaméricain, si ce n’est un voyage avec le P-DG du constructeur automobile, Pierre Dreyfus, au début des années 1960. De retour du Mexique, il achète ses premières pièces en galeries. D’autres suivront, qu’il fera dialoguer avec de l’art déco et de l’art africain, dans son appartement parisien. Une petite centaine de pièces sont dispersées aujourd’hui par ses héritiers. Deux d’entre elles pourraient se disputer la plus haute marche du podium : une grande effigie d’époque aztèque du dieu Xipe Totec et un joug en serpentine sculpté du Veracruz. Dieu du printemps et ordonnateur de la nature, Xipe Totec était associé à la fertilité, à la régénération des cycles agricoles et à la guerre. Image de la renaissance à travers le retour de la germination, il était revêtu de la peau d’une victime sacrifiée, la mort engendrant le renouveau, comme la végétation nouvelle recouvre la terre au printemps. 30 000/40 000 € sont demandés de cette divinité emblématique représentée dans une position hiératique, le nez percé d’un ladret renvoyant à ses origines toltèques, la main droite levée et creusée afin de porter son sceptre, probablement en matière périssable. La main gauche, disparue, devait être également en bois, laissant apparaître celle pendante du sacrifié, qui restait attachée à la peau durant les vingt jours du rituel. S’il est un objet particulièrement symbolique de l’art précolombien, c’est le joug en pierre, représentation de la ceinture en cuir ou en bois portée par les participants pour se protéger les hanches lors du jeu de balle, événement sportif à caractère rituel et politique. Le décor de celui-ci raconte le combat quotidien du soleil avec les éléments pour pouvoir renaître chaque jour et apporter l’abondance sur la terre. Batraciens, têtes de mort et de serpent racontent la multitude d’épreuves entre lieux de mort et de renaissance…

Agenda
À de rares exceptions, cette dispersion est composée de la collection de Pierre S. et est dispersée dans le cadre de sa succession. Le Mexique y figure en place d'honneur tant avec une représentation en basalte du dieu Xipe Totec de la culture aztèque qu'avec un joug en serpentine sculptée du Veracruz. Ces deux œuvres sont estimées 30 000/40 000 €, tandis qu'il faudra débourser 15 000/25 000 € pour s'offrir une parturiante en terre cuite brune à engobe rouge de la culture Nayarit de style Chinesco, 4 000/6 000 € pour repartir avec une femme assise, avec un sifflet, en terre cuite beige de l'île de Jaina (culture Maya). D'une autre collection, une stèle Valdivia en tuf volcanique vert à patine brune est annoncée entre 18 000 et 20 000 €.
mardi 15 décembre 2020 - 02:00 - Live
Salle 2 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Morel
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