Lumière sur le XXe siècle

Le 25 mars 2021, par Sophie Reyssat

Comme les touches contrastées d’Henri Martin, l’art moderne montre ses diverses facettes.

Henri Martin (1860-1943), Calanques aux environs de Marseille, huile sur panneau vers 1920, 36,8 55,1 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Peintre officiel des commandes publiques destinées à orner les édifices les plus illustres, portraitiste de célébrités de son temps et de travailleurs anonymes, artiste sensible à la spiritualité du symbolisme, et paysagiste fixant la réalité d’une touche impressionniste aux couleurs fauves, Henri Martin incarne à lui seul toute la diversité du début du XXe siècle, qui s’affiche aux cimaises de Versailles. Il met ici sa science de décorateur au service des Calanques aux environs de Marseille : son cadrage, d’une grande modernité, focalise l’attention sur la mer, mise en scène par le miroitement de petits coups de pinceau dynamiques jouant avec les contrastes de couleurs pour créer la profondeur. L'artiste invite ainsi le spectateur à plonger dans son tableau. Peint vers 1920 et acquis une dizaine d’années plus tard, ce dernier est resté dans la même famille jusqu’à aujourd’hui (40 000/60 000 €). À peu près à la même époque, Paul Jouve a immortalisé Le Monastère de Simonos Petra, mont Athos avec un pinceau qui témoigne de son talent d’illustrateur. Sa palette, réduite aux camaïeux allant de l’ocre au brun et du gris au noir, sert l’austérité de son sujet. Les amateurs de ses dessins apprécieront de retrouver la puissance de son style sur une feuille de près de 2 mètres de long, marouflée sur toile (12 000/15 000 €). Une autre facette de la modernité s’affiche avec André Lhote, représenté par six œuvres, dont Les Baigneuses à Thonon, peintes vers 1935. Il réduit les corps de ses Trois Grâces à des formes simples, agencées par des tons abstraits (23,4 32,5 cm, 7 000/10 000 €). Ossip Zadkine a lui aussi transformé le corps de la femme. Appliquant librement les leçons du cubisme à la sculpture, il déconstruit son sujet avec un modelé tout en souplesse, qui sied à la sensibilité de sa Liseuse, un bronze de 1947 fondu par Susse (l. 45,1 cm, autour de 45 000 €).
 

Paul Jouve (1878-1973), Le Monastère de Simonos Petra, mont Athos, vers 1920-1930, huile sur papier marouflé sur toile, 140 x 185 cm (déta
Paul Jouve (1878-1973), Le Monastère de Simonos Petra, mont Athos, vers 1920-1930, huile sur papier marouflé sur toile, 140 185 cm (détail ci-contre).
Estimation : 12 000/15 000 



 

Agenda

Le dimanche 28, le soleil sera au rendez-vous aux cimaises de cette dispersion d’œuvres modernes et contemporaines, grâce à Henri Martin immortalisant les Calanques aux environs de Marseille, dans les années 1920 (40 000/60 000 €), ou encore Henri Lebasque et sa Femme lisant dans un jardin (autour de 40 000 €). L’atmosphère se fera plus austère avec Paul Jouve, immortalisant vers 1925 Le Monastère de Simonos Petra, mont Athos, dans une huile sur papier marouflé sur toile (12 000/15 000 €). Six œuvres évoqueront André Lhote, des aquarelles et des huiles proposées entre 1 500 et 13 000 €. D’autres techniques seront au rendez-vous, grâce à Gaston Suisse et ses Paroares huppés en laque gravé, perchés au milieu de feuillages moyennant quelque 5 000 €. Passons à la sculpture avec Ossip Zadkine et sa Liseuse de 1947, fondue par Susse (environ 45 000 €).

dimanche 28 mars 2021 - 02:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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