Un Baselitz en forme d'autoportrait

Le 15 octobre 2020, par Agathe Albi-Gervy

Cette toile monumentale de Georg Baselitz n’a pas été montrée au public depuis près de vingt-cinq ans.

Georg Baselitz (né en 1938), Das letzte Selbstbildnis I (Le Dernier Autoportrait I), 1982, huile sur toile, 250 200 cm.
Estimation : 4,5/5,5 

Par des associations de rouges, jaunes et bleus ardents, Georg Baselitz forme son motif signature : un corps humain, la tête à l’envers. L’impact visuel de ce chef-d’œuvre est aussi puissant qu’immédiat. « Un objet peint sur la tête ou un sujet à l’envers ont leur place dans la peinture car ils n’en ont pas dans la vie réelle », déclare Baselitz en 1981. Ce Dernier autoportrait I a été peint en 1982, au sommet de la créativité de son auteur : exposé cette année-là à la Documenta 7 et à la Martin-Gropius-Bau de Berlin, il avait représenté l’Allemagne à la Biennale de Venise, deux ans plus tôt. Cette toile s’inscrit dans un ensemble d’œuvres rendant hommage aux autoportraits tardifs d’Edvard Munch, un artiste qui captive Baselitz depuis les prémices de sa carrière, lorsqu’il se plongeait dans la bibliothèque de son père pour s’y documenter et admirait des reproductions de tableaux de l’expressionniste norvégien. « C’est le monde quotidien de Munch qui me fascine, cette tristesse, cette neige étrange, ce curieux réalisme balourd, cette évanescence, cet aspect fragmentaire. Plus il vieillissait, plus ses tableaux s’amélioraient », confie l’artiste à Martin Schwander dans le cadre de sa rétrospective hébergée par la fondation Baselitz en 2018. Les qualités de ce grand tableau, haut de 2,50 mètres, ont séduit Marcel Brient, l’un des plus grands collectionneurs de design et d’art contemporain en France, connu pour son goût affûté et visionnaire. Avant tout le monde, il a repéré des artistes de l’envergure de Buren, Sol LeWitt, Donald Judd, Murakami, Jeff Koons, Franz West ou encore Felix González-Torres.

Agenda
La vente du soir, prestigieuse sélection de pièces modernes et contemporaines, est menée par un chef-d'œuvre de Georg Baselitz provenant directement de la célèbre collection parisienne du visionnaire Marcel Brient, où elle demeure depuis vingt ans : Das letzte Selbstbildnis I, peint en 1982 en hommage aux autoportraits tardifs d’Edvard Munch, sera proposé entre 4,7 et 6 M£. Autres lots phares signés de noms incontournables du marché mondial, une toile de George Condo, peinte en 2010 dans un monochrome de rouge (2/3 M£) côtoie une toile de 1982 signée Jean-Michel Basquiat (même estimation), et d'autres œuvres de Keith Haring, Andy Warhol, Rudolf Stingel ou Albert Oehlen.
mardi 20 octobre 2020 - 14:00
Londres - 30, Berkeley Square - W1J6EX
Phillips (Londres)
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