Alberto Burri à l’épreuve du feu

Le 22 juillet 2020, par Caroline Legrand

Alberto Burri fait parti des artistes contemporains avides d’élargir leur horizon et leurs techniques, aux côtés d’Yves Klein, Claude Viallat, Arman, Gerhard Richter et Christian Boltanski.

Alberto Burri (1915-1995), Combustione, 1968, technique mixte (plastique, acrylique, combustion, colle) sur carton, signé et daté « Burri 68 » au dos, 15 18 cm.
Estimation : 40 000/50 000 €

Depuis les œuvres pariétales jusqu’à l’art contemporain, en passant par le motif de la flamme au XVIIe siècle, le feu est au cœur de multiples réflexions artistiques. Voulant renouveler leur mode d’expression, et toutes les conventions picturales, les artistes du XXe siècle se sont logiquement tournés vers cet élément primordial. Une manière de revenir à l’essentiel, à l’essence même de la vie. Difficile à contrôler, le feu peut rapidement devenir destructeur et donc annihiler toute créativité. Alternent ainsi la peur et l’inspiration. Cet antagonisme ne pouvait que séduire Alberto Burri. C’est à la combustion et ses effets que l’artiste italien s’intéresse dès les années 1950. Il confronte la flamme aux matériaux les plus divers, chacun réagissant et se transformant à leur manière. Dans cette création de 1968, Burri a ainsi choisi le plastique cellophane, un matériau très inflammable qui se prête donc particulièrement à ce procédé. « Pendant longtemps, j’ai voulu explorer comment le feu consomme, comprendre la nature de la combustion et comment tout vit et meurt dans la combustion pour former une unité parfaite », explique cet artiste qui allie dans son approche l’inspiration créative et sa formation scientifique. Il a d’ailleurs obtenu son diplôme de médecine en 1940, à l’université de Pérouse. Durant la guerre, emprisonné par les Américains dans un camp au Texas, il commence à peindre. Les matériaux étant extrêmement limités, il utilise ce qu’il trouve, comme des sacs de jute. Dès lors, son travail se concentrera sur les supports alternatifs, une démarche tout à fait dans l’air du temps avec la volonté des artistes de s’ancrer dans la réalité, que ce soit par le matériau ou le sujet. Par sa recherche matiériste, il est ainsi associé au mouvement de l’art informel. Mais au-delà de ces théories artistiques, Alberto Burri représente avec cette surface meurtrie, brûlée et trouée ses propres cicatrices, sa peau et son âme blessées par la vie.

dimanche 02 août 2020 - 14:00 - Live
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