Porcelaine russe, pedigree Youssoupoff

Le 30 juin 2021, par Claire Papon

Les derniers souvenirs des Youssoupoff, un bel ensemble de porcelaines, une blouse en lin ayant appartenu à Léon Tolstoï, voilà trois bonnes raisons – au moins – de s’intéresser à l’art russe. 

Vase couvert en porcelaine dure de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg, à décor de ruines romaines sur les hauteurs de Naples, au fond le Vésuve fumant d’un côté, et de la chartreuse de Saint-Martin de Naples de l’autre, monture ciselée en bronze doré, marques bleues «H.I» (Nicolas Ier) sous couronne impériale, h. 110. l. 43 cm. 
Estimation : 80 000/100 000 € 

Une centaine de livres, tableaux, portraits photographiques, étuis à cigarettes et autres objets de vitrine conservés dans la villa d’Auteuil du prince Youssoupoff sont au programme (voir l'article Les derniers souvenirs des Youssoupoff de la Gazette n° 25, page 24). Une belle bataille d’enchères devrait accueillir également un grand vase de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg (voir photo), exécuté entre 1825 et 1855. Fondée en 1744, cette fabrique fournit des services de table à presque tous les palais de la capitale, et des vases dont les décors reprennent des tableaux de Vinci, Raphaël, Titien, Murillo, Corrège… pour la plupart conservés aujourd’hui dans la collection du musée de l’Ermitage. D’une grande qualité d’exécution, ces œuvres se distinguent également par leur palette de couleurs vives et brillantes. Une façon de traduire au mieux les œuvres des maîtres anciens mais aussi peut-être de rendre plus lumineux des paysages blanchis par la neige une partie de l’année.  Sur nos vases, les vues de la campagne napolitaine ont vraisemblablement été réalisées d’après un tableau de Jacob Philippe Hackert (1737-1807). Provenant de cette même manufacture, douze assiettes décorées de l’aigle bicéphale des Romanoff, de l’insigne de l’ordre de Saint-André et de bouquets de fleurs enrubannées en relief, portent la marque d’Alexandre II (25 000/30 000 €). Estimé 2 500/3 000 €, un plat en faïence de la manufacture Kouznetsoff (Saint-Pétersbourg, 1888), figurant des anges soutenant un manteau d’hermine appliqué du monogramme d’Alexandre III, commémore la survie de la famille impériale lors du déraillement de train du 17 octobre 1788 entre Saint-Pétersbourg et la Crimée. Les amateurs de reliques surveilleront enfin une chemise en lin blanc ayant appartenu à Léon Tolstoï. Réalisée sur le modèle de celles des moujiks, cette blouse est rehaussée de deux poches intérieures cousues par son épouse, destinées à son carnet et son crayon. Selon les descendants de la famille qui la cèdent aujourd’hui, il s’agirait du vêtement dans lequel est mort l’écrivain le 20 novembre 1910.   

Agenda

Le programme de la matinée se compose de la collection d’art moderne d’un amateur parisien, de tableaux russes et de photographies historiques. Plusieurs sérigraphies originales de Niki de Saint Phalle sont offertes aux enchères. Comptez 1 300/1 500 € pour Attention Dragueur, une épreuve originale signée de 1990 (n° 9/25). On remarque ensuite pour 1 500/2 000 € une vue bucolique colorée de 1910, au pastel sur papier, signée Michel Feodorovitch Larianoff (1881-1964). L’après-midi, des descendants directs se séparent de la collection du prince Félix Youssoupoff et de son épouse la princesse Irina Alexandrovna, provenant de leur dernière résidence parisienne (voir Gazette n° 25, page ??). L'une des pièces phares est marquée du poinçon du maître orfèvre de Fabergé, Mikhaïl Perkhine (Saint-Pétersbourg, avant 1896). Il s’agit d’une pendulette de table en or, de forme carrée, au décor émaillé rouge sur fond guilloché d’ondes ondulantes et de guirlandes de feuillages ciselées en or jaune et serties de diamants. Quelques beaux portraits sont également au menu dont celui de Félix Youssoupoff (conservé dans la chambre de sa villa du XVIe arrondissement) par un artiste de l'école russe du début du XXe (30 000/50 000 €). D'autres provenances, on mentionnera la blouse de lin (cousue par son épouse) dans laquelle Léon Tolstoï (1828-1910) aurait rendu son dernier souffle (20 000/30 000 €), un petit ensemble d'œufs de Pâques en porcelaine fin XIXe et surtout un grand vase couvert de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg (1825-1855) à décor de paysages napolitains, pour lequel 80 000/100 000 € sont demandés.

vendredi 09 juillet 2021 - 11:00 - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
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