Quête mystique

Le 15 avril 2021, par Caroline Legrand

Présentée avec un certificat d’authenticité de la fondation Georges Rouault en date de 2016, cette œuvre met en lumière l’art d’un peintre profondément marqué par la religion.

Georges Rouault (1871-1958), La Pêche miraculeuse, 1935, huile sur papier collé sur toile, 44 32,2 cm.
Estimation : 20 000/40 000 

Georges Rouault effectue sa première communion à 24 ans. Celui qui a reçu une éducation laïque se tourne résolument vers le christianisme, qui prendra désormais une part importante dans la vie comme dans l'œuvre du peintre. À partir de 1895, il se rapproche de certains écrivains issus du néo-catholicisme et voulant donner une nouvelle orientation à l’art religieux, dont Joris-Karl Huysmans et Léon Bloy. C’est à l’invitation du premier qu’il se rend en 1901 à l’abbaye bénédictine de Ligugé, dans la Vienne, où se réunit un groupe d’intellectuels et où l’auteur d’À rebours voulait fonder une communauté d’artistes chrétiens. Le vote de la loi Waldeck-Rousseau contre les associations met fin à ce projet, l'obligeant à revenir à Paris. Mais désormais, Rouault a fait de la Bible son thème de prédilection, voire son sacerdoce. Il mettra un point d’honneur à retranscrire la vie du Christ et sa Passion afin de donner corps au sentiment religieux par l’intermédiaire d’une peinture sans concession ni fioriture, faite d’une matière colorée épaisse, de formes sommaires et de larges cernes noirs. Une atmosphère lourde et austère émane ainsi de ses compositions au style novateur et original, qui fait de lui l’un des grands peintres religieux du XXe siècle. Georges Rouault a élaboré ce langage moderne et expressionniste au fil des années : de son enfance, bercée par les leçons picturales de son grand-père maternel, à sa formation aux Beaux-Arts auprès du très précieux Gustave Moreau, qui incitait ses élèves à découvrir leur véritable nature hors de toute convention et à exprimer leurs sentiments. À la vue de cette peinture, dont la scène principale est révélée par un petit rectangle au centre de la composition, on comprend aussi toute l’importance de son apprentissage chez le restaurateur et peintre de vitraux Émile Hirsch alors qu’il n’avait que 14 ans. Dès la fin des années 1910, Georges Rouault révèle enfin sa véritable identité, celle d’un artiste hors norme.

Agenda
À 35 000/50 000 € sera présentée le 22 avril une fonte posthume en bronze du Buste rhinocérontique de la Dentellière de Vermeer créé en 1955 par Salvador Dalí, exécutée par Valsuani et numéroté EA IV/IV : une épreuve acquise directement auprès du fondeur par son actuel propriétaire. D'autres bronzes de l'artiste surréaliste seront présents dont Terpsichore, muse de la danse, une édition spéciale par Diejasa numérotée 4/4, d'après une sculpture de 1971 environ (20 000/25 000 €). Le reste du programme sera marqué par une toile de Charles Lapicque, Manœuvres au large de Brest, de 1959 (15 000/25 000 € - Voir Gazette n° 14, page 22), et La Pêche miraculeuse peinte en 1935 par Georges Rouault (20 000/40 000 €). Des styles très variés seront encore proposés à l'image de la Composition abstraite du peintre marocain Ahmed Cherkaoui (8 000/12 000 €) ainsi que d'un très coloré Paysage du postimpressionniste auvergnat Victor Charreton (5 000/8 000 €). 
jeudi 22 avril 2021 - 14:30 - Live
Lyon - 8, rue de Castries - 69002
Conan Hôtel d’Ainay - Cécile Conan Fillatre Commissaire-Priseur Judiciaire
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne