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Le rouge de Chu Teh-chun

Le 11 janvier 2022, par Vanessa Schmitz-Grucker

Arrivé en France à l’âge de 35 ans, le peintre abstrait s’engouffre dans la voie de l’abstraction lyrique. Ses œuvres condensent des influences au carrefour des cultures, lui assurant une reconnaissance internationale. 

Le rouge de Chu Teh-chun
Chu Teh-chun (1920-2014), À bon port, 2006, huile sur toile, 81 100 cm.
Estimation : 250 000/350 000 


C’est l’un des peintres favoris du marché. Chu Teh-chun s’est même hissé à la 7e place du classement Artprice 2021, se positionnant juste derrière son compatriote Zao Wou-ki (voir Gazette n° 17, page 12), grâce à la vente pour 29,5 M$ du triptyque Harmonie hivernale (1986) chez Sotheby’s à Hong Kong, le 18 avril dernier. Grande figure de l’abstraction lyrique, l’artiste franco-chinois signe À bon port dans les dernières années de sa carrière, en 2006. Âgé alors de 86 ans, il travaille à la manufacture nationale de Sèvres où il exécute des modèles inspirés de la porcelaine chinoise dont la blancheur est associée au bleu de cobalt des Persans et à l’or des tables royales européennes. Sa fine connaissance de la calligraphie chinoise guide sa peinture malgré un éclatement évident des formes. « C’était un coloriste fantastique. Il peignait dans un mouvement ample, maîtrisé. Bien plus lent que Georges Mathieu ! Seul le dernier geste, définitif, était rapide et donnait au pinceau la forme d’une virgule », se souvient Yvon Chun en 2015 à l’occasion de l’exposition qu’il organisa en l’honneur de son père à la fondation Monticelli, à Marseille. C’est dans la cité phocéenne que le peintre a passé une partie de sa vie, là même où il avait débarqué un 5 mai 1955 après avoir quitté Taïwan le 29 mars de la même année. La Chine continuera de hanter ses œuvres : le rouge, couleur de la chance dans l’empire du Milieu, évolue au gré des larges coups de brosse bien visibles sur la toile, hérités de l’abstraction lyrique qui s’impose en France dans les années 1950. L’enseignement reçu aux côtés de Zao Wou-Ki sur les bancs de l’école des beaux-arts de Hangzhou par Lin Fengmian, qui étudia à Paris, n’est probablement pas étranger à ce choix. En 2010, quatre ans après la réalisation de la toile À bon port, le musée national de Chine à Pékin lui consacre une rétrospective. Sur le marché, ses œuvres frôlent les 10 M$ dès 2013 (avec Sans titre de 1963, adjugé à Hong Kong chez Christie’s) et s’envolent après son décès, l’année suivante.
 

Agenda

Art moderne et contemporain le 20 janvier avec la fameuse lampe "Pigeon" de Lalanne, édition 747/900 (30 000/35 000 €) ou encore un Picador à l’encre de 1959 par Pablo Picasso (80 000/100 000€). L'espagnol Manolo Valdés (1942) pourrait faire monter les enchères jusqu'à 350 000 € pour sa Reina Mariana (2017), une épreuve en bronze 1/9 aux imposantes dimensions (180 x 120 x 135 cm). Deux toiles abstraites de Chu Teh-chun sont encore à mettre en avant pour 250 000/350 000 €. 

tableaux du XIXe, modernes et contemporains, art nouveau, art déco, design, sculptures, bronzes
jeudi 20 janvier 2022 - 14:30 (CET) - Live
10/12, quai Antoine 1er - 98000 Monte-Carlo
Hôtel des ventes de Monte-Carlo
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