Le Japon, terre d’élection d'Henri Zuber

Le 25 mars 2021, par Claire Papon

Henri Zuber raconte son voyage au Japon, à l’heure où les Européens sont encore rares à pouvoir s’y rendre.

Henri Zuber (1844-1909), Scène animée au Japon avec vue du Fuji-Yama enneigé, huile sur toile, 204 125 cm.
Estimation : 10 000/15 000 €

Heureuse redécouverte que cette composition livrée sur sa toile d’origine… Les quelques tableaux d’Henri Zuber passant sur le marché sont des aquarelles de paysage, de petit format généralement, représentant Paris et ses environs, l’Alsace – sa région d’origine –, le Midi, la Franche-Comté ou des pays comme la Suisse, l’Italie, la Hollande… Notre composition, conservée de longue date dans une collection française, sera inscrite au catalogue raisonné en cours de constitution par l’association des amis d’Henri Zuber. Observateur attentif et silencieux, le peintre montre un Japon inconnu ou presque, à l’époque, entre tradition et modernité. L’atmosphère paisible du lieu est palpable. Est-ce pour fuir le chemin tout tracé au sein de la manufacture familiale de papiers peints ou pour découvrir les contrées exotiques entrevues sur ces derniers que Zuber s’engage dans la marine au printemps 1865 ? Il passe de la frégate la Thémis à la corvette le Primauguet, chargée de rejoindre la division des mers de Chine. Durant son long périple, il prend des notes et dessine les îles du Cap-Vert, le cap de Bonne-Espérance, l’île Maurice, Singapour, Saïgon, Hong Kong et enfin le Japon. «Les maisons de Yokohama et Kanagawa divertissent l’œil et font ressortir le pittoresque des lieux environnants. Dans le lointain le Fuji-Yama, grand volcan couvert de neige, détache sa forme régulièrement conique sur l’azur du ciel et semble régner sur la nature…», écrit-il, conquis. Cette toile exécutée à son retour en est une belle illustration.

Agenda
Il ne figure pas en couverture du catalogue mais il est pourtant celui qui devrait être le plus disputé de l'après-midi. Il, c'est un portrait de Jeune femme debout, princesse russe exécuté à Venise en 1921 de Kees Van Dongen, pour lequel 220 000/250 000 € sont espérés. Si l'on a dit des portraits de l'artiste qu'ils étaient imaginaires, celui-ci ne l'est pas, notre tableau exécuté dans la Sérénissime auprès de sa compagne Jamy en 1920-1921 se rapprochant d'un portrait d'Alicia Alanova, avec qui Van Dongen entretiendra une liaison tumultueuse quelques années plus tard. Notre tableau était inscrit dans les archives de la galerie Bernheim, où il fut exposé, puis dans la galerie Vallotton à Lausanne en 1931, comme Venise, princesse russe que l'on peut expliquer par le fait du passage des Ballets russes de Serge Diaghilev à ce moment-là. Dans un tout autre genre, on a noté aussi un petit ensemble d'œuvres d'Anton Prinner – certaines réalisées pour la chapelle de Roquefort-les-Pins (1 000 à 5 000 €) –, plusieurs paysages de Charles Camoin, un portrait du Critique gastronomique Curnonsky (vers 1924) par son ami Maurice Asselin (2 000/3 000 €), la couverture du catalogue revenant à une toile de l'Américain Edward Cucuel, Wild Roses, dans la veine néo-impressionniste (30 000/40 000 €). Extrêmement séduisants enfin, une toile de Karl Daubigny, Cécile Daubigny dans le verger en fleurs à Auvers-sur-Oise et un paysage d'Henri Zuber, Scène animée au Japon avec vue du Fuji-Yama enneigé pourraient dépasser leurs estimations de 10 000/15 000 €.
mercredi 31 mars 2021 - 02:00 - Live
LES SALONS DU TROCADÉRO - 5, avenue d'Eylau - 75116
Millon
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