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Rêverie Italienne d'Amaury-Duval

Le 17 novembre 2021, par Claire Papon

Amaury-Duval se serait contenté, dit-on, d’une carrière honorable et discrète. À l’exception peut-être de cette composition, impressionnante par son format, mais surtout par son sujet…

Rêverie Italienne d'Amaury-Duval
Amaury-Duval (1808-1885), Le Songe du peintre (ou Un peintre endormi près de son tableau et des anges qui terminent son œuvre inachevée), huile sur toile, 164,5 123 cm.
Estimation : 80 000/100 000 €

À quoi rêve-t-il ce peintre, la tête nonchalamment appuyée sur une main, un pinceau dans l’autre ? Pendant que le héros est au pays des songes, les anges sont tout à leur ouvrage, ou plutôt au sien. Les uns observent, ou peut-être conseillent le maître d’œuvre, debout, les ailes déployées, face à son sujet, un autre lui tend pot et pinceau, un autre encore l’accompagne de sa musique. Envoûté par la beauté de la ville de Florence, où ce tableau a été réalisé en 1836, Amaury-Duval – Eugène Emmanuel Pineu-Duval de son vrai nom – reprend une légende selon laquelle le visage de la Vierge aurait été peint par un ange pendant le sommeil du peintre Fra Angelico, dans la basilique de la Santissima Annunziata. Le peintre endormi revêt les traits d’Edmond Geffroy (1804-1895), sociétaire de la Comédie-Française, à qui l’œuvre a appartenu, et dans la famille duquel elle est demeurée. «Vous serez un peintre […] aimable», avait dit Ingres à Amaury-Duval, son élève, représentant de la tendance archaïsante et préraphaélite dans les années 1830. Très attaché lui-même à sa composition, Amaury-Duval pense que la critique ne saura pas la recevoir et que le Salon sera plus clairvoyant. C’est tout le contraire qui se produit. Il est refusé en 1837, en dépit des éloges de la presse, qui vante une «œuvre d’un haut mérite qui rappelle à la fois le dessin ferme et correct de M. Ingres et la manière simple et gracieuse des maîtres de l’école florentine». Reste à savoir comment il sera accueilli aujourd’hui…

Agenda
Une grande composition d'Amaury-Duval, Le Songe du peintre (80 000/120 000 €), une huile sur panneau d'Henri de Toulouse-Lautrec figurant le cheval Bruno – première peinture à l'huile connue de l'artiste réalisée en 1878 alors qu'il n'a que 14 ans (15 000/20 000 €), un grand tableau symboliste de Wilhelm Lefebre, L'Oiseau de nuit conservé sur sa toile d'origine (10 000/15 000 €) sont parmi les œuvres à retenir. Elles sont accompagnées d'un coffret en bois peint de Maximilien Luce, daté 1895 Les femmes et les fleurs ayant appartenu à Auguste Bauchy, propriétaire du café des Variétés (6 000/8 000 €), de paysages de Gustave Cariot (1 000 à 3 000 €), de nus de Lucien Lévy-Dhurmer (3 000 à 6 000 €), d'un panneau de Pierre Bonnard, connu des amateurs, Les Courses à Boulogne, 1913 (100 000/150 000 €). De Maurice Utrillo, une vue du Sacré Cœur de Montmartre de 1910 et Le Bal restaurant de la butte Pinson à Montmagny (sur sa toile d'origine) sont estimées respectivement 50 000/80 000 € et 40 000/60 000 €. Il pourrait aussi en coûter 60 000/80 000 € à l'amateur qui souhaite décrocher une huile sur sa toile d'origine de Léonard Foujita, La Voile rouge, à Concarneau (vers 1918) d'une grande sobriété et dont un silence indicible se dégage. Un chapitre entier est consacré à Edy-Legrand (1892-1970). Il comprend quelques livres illustrés mais surtout des œuvres sur papier et sur carton, soit une quarantaine de numéros dont les estimations oscillent de 100 à 4 000/5 000 €.
mercredi 24 novembre 2021 - 14:00 - Live
5, avenue d'Eylau - 75116 Paris
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