L’univers personnel d’Armand-Albert Rateau

Le 17 juin 2020, par Claire Papon

Inclassables, intemporelles, raffinées, les créations d’Armand-Albert Rateau bénéficient de la faveur du public. Notre cendrier aux fennecs et aux papillons devrait donc lui aussi concentrer tous les regards.

Armand-Albert Rateau (1882-1938), Fennecs et papillons, coupe formant cendrier en bronze patiné vert sombre antique, fonte d’édition ancienne vers 1925, écuelle centrale amovible en laiton doré, h. 10,4, diam. 20,4 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

«Jamais deux sans trois», dit l’adage… Le 8 juin 2016, à l’hôtel Drouot, la même maison de ventes, Ader OVV, adjugeait deux exemplaires de notre coupe : l’une à patine sombre antique pour 81 250 €, l’autre en bronze doré pour 80 000 €. Le 8 juin 2006 par ailleurs, un modèle similaire au nôtre, conservé dans la collection Claude et Simone Dray, trouvait preneur à 96 000 € (Christie’s). Créé dans les années 1920, ce cendrier a été réalisé à quelques exemplaires et fondu quelques années plus tard. L’écuelle centrale amovible est en laiton doré, une œuvre identique ayant été présentée lors de l’exposition «Modern Decorative Arts : a Loan Exhibition» en février 1926 au Metropolitan Museum de New York puis à travers les États-Unis. Formé à l’école Boulle, où il étudie la sculpture sur bois, Armand-Albert Rateau travaille pour l’architecte-décorateur Georges Hoentschel, avant de prendre la direction artistique de la maison Alavoine & Cie. S’il apprend à s’adapter à tous les styles, il se fie à sa culture et à son imagination, recréant l’Antiquité – en 1914 ses visites de Pompéi et du musée de Naples furent un choc –, l’Orient, des motifs animaliers et végétaux, tout en s’attachant la complicité du sculpteur Paul Plumet. En 1919, il s’installe à son compte. Commence alors pour lui le temps des grandes réalisations – qui durera jusqu’à son décès en 1938. Elles sont destinées à une clientèle de riches collectionneurs et de mécènes, dont Florence et Georges Blumenthal – anciens clients de la maison Alavoine –, pour lesquels il crée ses premiers meubles en bronze. Suivent la décoration des appartements de la duchesse d’Albe au palais Liria, à Madrid, et bien sûr l’aménagement de l’hôtel particulier de la couturière Jeanne Lanvin au 16, rue Barbet-de-Jouy, à Paris. À la différence de la plupart de ses contemporains, dont Jacques-Émile Ruhlmann, Maurice Dufrêne ou Pierre Legrain, il cultive l’art de l’ornement, le goût des lignes sinueuses et du bronze, allié à une qualité de fabrication jusque dans les moindres détails.

Panorama (avant-vente)

Paul Jouve à Salonique

Comptez 30 000/50 000 € pour apprivoiser ce Buffle macédonien (72 108 cm) de Paul Jouve (1878-1973), vendredi 26, salle Favart, chez Ader (M. Eyraud, expert). Ce tableau a été exécuté à l’huile, à l’encre de Chine et à la gouache sur papier marouflé sur carton, en 1917, à Salonique, l’artiste ayant été chargé par l’état-major d’organiser une exposition franco-hellénique regroupant notamment des peintres de l’armée d’Orient. Il est présenté en avril-mai l’année suivante à l’Exposition des artistes d’Orient, au Zappéion, à Athènes, parmi trois cents œuvres, dont soixante de l’artiste animalier. Celui-ci conservera ce Buffle dans son atelier avant de l’offrir à un ami très proche dans la descendance duquel il est demeuré

vendredi 26 juin 2020 - 14:30 - Live
Salle des ventes Favart - 3, rue Favart - 75002
Ader
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