Vitrail art déco par Jacques Damon

Le 15 avril 2021, par Caroline Legrand

Cette monumentale pièce de verre rappelle l’importance de la spécialité à l’époque art déco, et met aussi en lumière l’un de ses représentants : Jacques Damon. 

Établissements Damon, Montmartre, vers 1925, vitrail art déco en verres de couleur et dépoli, signé, 200 164 cm.
Estimation : 26 000/30 000 

À partir du XIXe siècle, avec le mouvement romantique, mais aussi les styles « néo » qui revisitent entre autres l’époque médiévale à la fois stylistiquement ou techniquement, l’art du vitrail connaît un nouvel essor. Et surtout, il ne se limite plus à la sphère religieuse et se diffuse également chez les riches particuliers. Avec le concept art nouveau puis art déco d’un art total, les objets décoratifs s’immiscent dans la vie quotidienne. Ainsi apparaît sous nos yeux, et sur deux mètres de hauteur, cette fabuleuse vue de Montmartre surmontée du Sacré-Cœur, qui devait à l’origine s’intégrer parfaitement à une architecture bien précise. Avec ses formes stylisées, son jeu de camaïeux gris-blanc et son élégante sobriété, ce vitrail s’inscrit parfaitement dans le style lancé précisément en 1925, lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels de Paris. Parmi les grands noms de la spécialité de cette époque figurent Jacques Gruber et Louis Barillet. Cette commande fut quant à elle passée auprès des établissements Damon. Jacques Damon reprit en 1923 l’atelier de Jac Galland (1855-1922), situé au 13 de la rue Verniquet à Paris. Il fut particulièrement productif durant l’entre-deux-guerres, participant aux vitraux de la piscine Molitor à Paris, avec Barillet, et réalisant aussi en Picardie de nombreux vitraux d’églises, souvent d’après des cartons de René Bour. Des créations toujours très graphiques, qui marquèrent leur époque.

Agenda
L'éclectisme sera de mise avec la présence aussi bien d'un ouvrage de Paul Éluard, Le Visage de la paix, édité au Cercle d'art en 1951 et orné sur la page de titre d'un dessin aux crayons de couleur de Picasso, dédicacé « Pour mon ami Jean-Jacques Fol, le 10.06.52 » (33 000/35 000 €), qu'un rare paquebot à vapeur en tôle peinte à trois cheminées de la maison Radiguet, pas trop encombrant puisque s'agissant d'un jouet, daté vers 1910 (8 000/9 000 €). Un grand vitrail art déco de la maison Damon, représentant Montmartre, se visitera à hauteur de 26 000/30 000 €, tandis qu'une ronde-bosse en marbre blanc sculptée vers 1880 par Fleury Levret, Jeune femme à la balle, pourrait atteindre les 15 000/20 000 €. La section des peintures sera également fort riche avec encore un Portrait en pied de jeune garçon au chien, par Alphonse Dargent (12 000/15 000 €), et une œuvre préparatoire au tableau Fantaisie sur Sylvie, hommage à Gérard de Nerval, de Jacqueline Marval (7 000/8 000 €). 
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