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L’Inde de Marie-Christine David

Le 17 novembre 2021, par Claire Papon

Ce deuxième rendez-vous, pour 2021, dédié aux arts de l’Islam prendra une teinte particulière : elle livre une soixantaine de lots ayant appartenu à l’experte.

L’Inde de Marie-Christine David
Inde, 1690-1720, Chamba ou Bilaspur. Illustration tirée d’un ragamala figurant un homme jouant du tanbura et sa compagne jouant des cymbales assis dans un pavillon aux murs jaunes, gouache sur papier, 21,5 15 cm (feuillet).
Estimation : 6 000/8 000 €

Le 26 février, elle n’était pas à Drouot pour la vente Ader, mais avait tenu à tout vérifier jusqu’aux moindre détails. À quelques jours de son décès, le 1er mars, l’experte Marie-Christine David se préoccupait encore de l’emplacement des objets dans les vitrines. Les arts de l’Islam et de l’Inde n’avaient plus de secrets pour cette femme au caractère passionné et volontaire, passée par la galerie Soustiel et qui avait ouvert son propre cabinet d’expertise en 2005. Au nombre des œuvres qui lui ont appartenu et que cède sa famille, cette illustration attribuée récemment à Chamba, une principauté de la région Pahari du Haut Pendjab. Elle est issue du ragamala Vilaval Raga (voir photo). Comprenez une œuvre faisant partie d’une série d’une quarantaine de pièces, associant peinture, poésie et musique indienne classique, témoignant des liens profonds entre images, sons et émotions. Un peu comme un morceau de musique que l’on choisirait en fonction de son humeur… D’autres miniatures indiennes, comme ce portrait du raja Shamsher Sen de Mandi (région Pahari, vers 1770-1780, 3 000/5 000 €), celui de cette élégante Européenne à table (Rajasthan, 1760-1780, 2 000/3 000 €) ou ce feuillet du Shâhnâmeh figurant La Mort de Rustam et son fidèle destrier Rakhsh (peut-être Mysore, vers 1760, 4 000/6 000 €) l’accompagnent. Sans oublier quelques textiles, cuillers à sorbet et meubles, et des céramiques iraniennes.

Agenda
De la petite vingtaine de pièces archéologique assurant le lever de rideau, on a noté un nu debout en bronze, la main droite tenant un rython (Rome Ier av.-Ier apr. J.-C.) pour lequel 3 000/5 000 € sont avancés. On poursuit avec les arts de l'Islam et de l'Inde, dont une partie provenant de la collection de l'experte disparue le 1er mars 2021, Marie-Christine David. Hors collection, une gouache et or sur papier de l'école moghole vers 1760-1780 (dans le style de Muhammad Afzal), Couple d'amoureux au clair de lune est annoncée à 4 000/6 000 €, et voisine avec des calligraphies, des paysages orientalistes (dont Égypte, chemin de halage animé au bord du Nil de Prosper Piatti, 3 000/4 000 €), des certificats de pèlerinage, une suite de huit pages du Majma Al-Tawarikh du sultan Shahrukh provenant de la collection Émile Tabbagh (est. entre 1 500 et 6 000/8 000 € chaque). Les amateurs de céramique tenteront leur chance sur un ensemble de cinq carreaux de bordure à décor de tiges florales et rosaces de l'Empire ottoman (probablement Turquie) à destination de l'Égypte, d'époque XVIIe (4 000/6 000 €). Enfin, c'est entre 5 000 et 7 000 € qu'est annoncé un tapis d'été à décor de médaillon floral, d'époque XVIIIe. Ce type de tapis brodé, dit "à médaillon", puise son décor dans le répertoire décoratif en faveur à la cour moghole d'Inde du Nord, même s'il semble probable qu'il ait été réalisé dans le Deccan, en Inde centrale.
jeudi 25 novembre 2021 - 13:30 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009
Ader
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