Aimer la nature avec Lin Fengmian

Le 11 février 2021, par Caroline Legrand

Effectuant un retour aux sources, le peintre chinois Lin Fengmian abandonne ses portraits féminins et ses acteurs d’opéra en faveur de la peinture traditionnelle de paysages.

Lin Fengmian (1900-1991), Groupe de moineaux branchés sur fond de lilas, pastel sur papier. 69 68 cm.
Estimation : 8 000/10 000 

Installé à Shanghai dans les années 1950, Lin Fengmian devient l’un des symboles de la réunion possible entre les arts asiatiques et occidentaux. Peut-être un peu trop au goût des autorités… Suivra en effet, de 1965 à 1977, durant la révolution culturelle, une période d’interdiction de création pour Lin Fengmian, qui sera même emprisonné quelques années. Exilé ensuite à Hong Kong, il s’adonnera essentiellement à l’art du paysage, peignant des fleurs, mais aussi de nombreux oiseaux symboles de bonheur et de renouveau. Si la plupart de ses toiles des années 1960 et 1970 ont été détruites, celles des décennies suivantes sont plus nombreuses, illustrant une période d’apaisement dans la vie comme dans la carrière de l’artiste. Il n’en oublie pas pour autant tout ce qu’il a pu apprendre en France dans les années 1920 – comme le prouve la technique coloriste du pastel pratiquée dans cette œuvre –, Lin Fengmian revient au naturalisme traditionnel chinois, qu’il a appris auprès de son père Lin Yunong, tailleur de pierre et amateur de peinture et de calligraphie. Toutefois, son style demeure unique et sa vision de l’art très personnelle, le poussant à travailler avec rigueur et à l’écart du monde. Ses œuvres réalisées dans un format carré, très rare dans la peinture chinoise, ont inspiré les peintres de la nouvelle génération, parmi les plus célèbres ; parmi eux, Zao Wou-ki et Chu Teh-chun, qui furent ses élèves à l’Académie des beaux-arts d’Hangzhou.

Agenda
Les arts asiatiques feront l'ouverture de rideau de cette vente du mercredi 17 février avec un pastel sur papier signé Lin Fengmian, Groupe de moineaux branchés sur fond de lilas, prisé 8 000/10 000 €, tandis qu'un album d'estampes japonaises réalisées majoritairement par Kuniyoshi et Toyokuni ,vers 1850, pourrait se consulter à 2 000/3 000 €. Meubles et objets d'art anciens interviendront ensuite avec, à leur tête, un grand cabinet italien issu d'un travail napolitain du dernier tiers du XVIIe siècle, à panneaux de verre peint et doré, palissandre et bois noirci, la façade ouvrant à huit tiroirs et un guichet découvrant à quatre tiroirs et un secret, les panneaux à décor de scènes de la mythologie grecque et de l’histoire chrétienne (15 000/20 000 €). Se distinguera encore, à la même estimation, de par ses 275 cm de largeur, une grande console XVIIIe en marbre rouge du Languedoc mouluré et sculpté, le plateau à double décrochement et côtés mouvementés reposant sur deux montants moulurés à volutes. La peinture ancienne fermera la marche avec notamment La Chasse au sanglier d'un artiste de l'école française du XVIIIe siècle, d'après un travail d'Alexandre-François Desportes (3 000/5 000 €). 
mercredi 17 février 2021 - 02:30 - Live
Marseille - 5, rue Vincent Courdouan - 13006
De Baecque et Associés
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne