Les portraits contemporains d'Alex Katz

Le 08 juin 2021, par Claire Papon
Inutile de chercher les œuvres d’Alex Katz de ce côté-ci de la Manche ou de l’Atlantique, à l’exception de quelques-unes sous le marteau de cette maison de ventes parisienne.
Alex Katz (né en 1927), Black Hat (Alex), 2010, huile sur toile, 122 152 cm.
Estimation : 350 000/450 000 €, Adjugé : 467 800 €

© Alex Katz / Adagp, Paris, 2021
Avec une Composition abstraite de 1960 de Poliakoff, ayant fait partie de la collection du prince Igor Troubetzkoy à Paris (400 000/600 000 €), et un acrylique de Dubuffet de 1982 vivement coloré, Site avec trois personnages (200 000/300 000 €), notre tableau devrait figurer sur le podium d’une soirée consacrée à l’art contemporain. «Pour un artiste d’avant-garde des années 1950, le portrait n’était pas une perspective sérieuse. L’opinion la plus répandue l’avait relégué au rang de débris académique, au même titre que les natures mortes, les paysages et autres espèces menacées de l’art réaliste», se souvient Alex Katz, que le sujet interpelle. Pourquoi un portrait ne pourrait-il pas jouer dans la même cour qu’un tableau de Willem de Kooning ou de Jackson Pollock ? Il suffit de le libérer de ses conventions, de le repenser. Les portraits de Katz sont saisissants et comptent parmi les images les plus reconnaissables de l’art contemporain. Le sujet est ordinaire, le style ne l’est pas. Le premier devient objet, et n’a d’importance que par sa surface visible, lisse et épurée. «Je préfère que ma peinture soit principalement tournée vers l’apparence», dit-il. Il ne s’agit plus de documenter mais de servir de prétexte à la peinture. Un prétexte dont l’artiste use et abuse, tant il se peint lui-même, et soigne son image. Tout aussi nombreux sont les personnages, de son entourage pour la plupart, qu’il met en scène comme des acteurs. Ses tableaux sont une vision immédiate, un flash de lumière sur le présent.
Agenda
Les plus belles batailles d'enchères devraient accueillir une Composition abstraite de 1960 de Serge Poliakoff (400 000/600 000 €), un acrylique sur toile de 1982 de Jean Dubuffet, Site avec trois personnages (200 000/300 000 €), un autoportrait de 2010 d'Alex Katz, Black Hat (Alex), annoncé à 350 000/450 000 €. Sont présentés également Armando l'homme-sirène, 1986 de Robert Combas (120 000/180 000 €), Alaska, 1958 de Jean-Michel Atlan (50 000/70 000 €), un fusain et tempera sur papier kraft de Maria Helena Vieira da Silva, Les Irrésolutions résolues XXV, 1969 ayant figuré dans la collection Jorge de Brito à Lisbonne (70 000/90 000 €), La Grande Truite, 1962 de Paul Rebeyrolle (60 000/80 000 €).
mercredi 16 juin 2021 - 19:00 - Live
Espace Tajan - 37, rue des Mathurins - 75008
Tajan
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