Tatouages colorés de Michel Macréau

Le 17 juin 2020, par Claire Papon

Œuvre majeure du précurseur Michel Macréau, Allo… j’écoute (1970) figure en bonne place dans ce programme consacré à l’art d’après-guerre et contemporain.

Michel Macréau (1935-1995), Allo… j’écoute, 1970, huile sur bois, 185 102 cm.
Estimation : 30 000/50 000 

Cette huile sur bois a appartenu à la galerie Georg Nothelfer à Berlin, puis aux collections Jean-Dominique Bracquemond, à Paris, et Claude Royer, en Savoie. Figurant dans diverses rétrospectives, elle côtoie en 2009 des pièces de Dominique Liccia et Jean-Michel Basquiat au musée d’art naïf Anatole-Jakovsky, à Nice, dans le cadre de l’exposition «Les Apprentis sorciers» (19 juin-2 novembre). Quand Michel Macréau est présent pour la première fois en 1962 à la galerie Raymond Cordier à Paris, aucun artiste ne peint comme lui, même si son travail le rapproche des productions du groupe CoBrA. Mais Macréau ne rencontre pas son public, il est jugé trop anticonventionnel. Sa traversée du désert durera près de vingt ans. Robert Combas ou Jean-Michel Basquiat montrent dans les années 1980 une figuration libre qui ressemble beaucoup à ce que propose cet artiste passé par l’académie de la Grande Chaumière, qui pratique la fresque, la céramique, étudiée à Vallauris, et qui dessina des cartons de tapisseries pour Le Corbusier. L’œuvre de cet inclassable se rapproche du graffiti urbain avec son univers volontiers provocateur, son style foisonnant et naïf. La plus belle bataille d’enchères de l’après-midi est prévue pour un grand acrylique et collage sur toile (239 183 cm) de Robert Combas, Têtes de couples en marottes de sainteté portés par des corps sans tête, 1988. Il conviendra toutefois de garder la sienne sur les épaules, cette composition haute en couleur étant annoncée entre 120 000 et 150 000 €.

mercredi 24 juin 2020 - 14:00 - Live
Salle des ventes Favart - 3, rue Favart - 75002
Ader
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