Chu Teh-chun, l’art et la matière

Le 10 octobre 2019, par Claire Papon

Francis Picabia, Pablo Picasso, Rembrandt Bugatti, Auguste Renoir, mais aussi et surtout Chu Teh-chun sont quelques-uns des noms qui figurent au sommaire de cette vente d’art moderne et contemporain.

Chu The-chun (1920-2014), Composition n° 112, 1962, huile sur toile, 65 81 cm.
Estimation : 300 000/500 000 

La pratique rigoureuse et assidue de la calligraphie chinoise a inspiré la peinture de Chu Teh-chun, même si cette Composition de 1962 traduit sa volonté de dissoudre les formes. L’évolution se lit aussi dans la palette, qui à l’époque se fait plus éclatante, plus intense, détrônant les bruns auxquels il était accoutumé. «L’inspiration que j’ai suivie trouve son unique source dans la nature et son mode d’expression privilégié est le lyrisme. La création procède de la pure spontanéité : elle consiste, selon la maxime taoïste, à “laisser jaillir l’émotion intérieure”. Il en résulte sur mes toiles un langage pictural où la couleur et le graphisme, sans jamais coïncider, concourent au même but : éveiller la lumière, les formes et le mouvement», explique Chu Teh-chun lors de sa réception à l’Institut, à Paris le 3 février 1999. Né à Baitu dans une famille de lettrés, passionné par la peinture traditionnelle chinoise et la calligraphie, Chu Teh-chun débute sa formation en 1935 aux beaux-arts de Hangzhou, mais s’initie aussi à l’art occidental avec Lin Fengmian, fervent admirateur de Cézanne et de Matisse. Arrivé à Marseille le 5 mai 1955 après avoir été professeur à Nankin et à Taipei, où il enseigne la peinture occidentale, il rejoint Paris, où il découvre l’art abstrait dans l’œuvre de Nicolas de Staël. Il rejette alors la peinture figurative et emprunte le chemin de l’abstraction. En 1960, l’artiste signe avec la galerie Henriette Legendre un contrat d’exclusivité de six ans. Notre composition date de cette époque. Même s’il a conservé toute sa vie un lien étroit avec la calligraphie, qu’il s’agisse du geste ou de l’outil, Chu Teh-chun constitue l’un des exemples majeurs d’intégration de tradition asiatique et d’abstraction picturale occidentale. Ses œuvres font partie des collections des musées européens et chinois à Paris, au Havre, à Dunkerque, Lausanne, Liège, Canton, Taipei, Dacca… et suscitent l’engouement aux enchères, en Asie comme en Occident.
 

Si ses nus, ses natures mortes et ses clowns sont les plus connus, Bernard Buffet a fait des bateaux l’un de ses motifs de prédilection, n
Si ses nus, ses natures mortes et ses clowns sont les plus connus, Bernard Buffet a fait des bateaux l’un de ses motifs de prédilection, notamment au début des années 1970. Son galeriste Maurice Garnier lui consacre en 1973 une exposition sur ce thème. Il plante son chevalet à Pornic, à Rouen, au Havre, à marée haute ou basse, et met en scène des ports où les lignes géométriques des embarcations font écho à celles de maisons. S’y ajoute dans cette toile de 1972, Les Sables d’Olonne, deux voiliers (89 130 cm), un séduisant effet de reflets dans l’eau immobile du port vendéen.
Son estimation :
130 000/150 000 €.
35 000/45 000 € sont demandés de cette rare et grande encre sur papier de Fabienne Verdier, Solo n° 04 (198 x 134 cm), réalisée en 2013 et
35 000/45 000 € sont demandés de cette rare et grande encre sur papier de Fabienne Verdier, Solo n° 04 (198 134 cm), réalisée en 2013 et faisant partie de la série monochrome «Walking- Painting». Pour celle-ci, l’artiste française née en 1962 innove avec un outil plus maniable, une grande réserve d’encre, au détriment de ses pinceaux traditionnels. Cela lui permet de se déplacer librement au-dessus des feuilles disposées sur le sol. Formée à la calligraphie chinoise pendant dix ans à l’académie des beaux-arts de Chongqing, dans le Sichuan, l’artiste a créé son propre style, où se mêlent réflexion et immédiateté.
Annoncée à 100 000/150 000 €, cette Transparence à la gouache, aquarelle et encre sur carton (103 x 75 cm) appartient à la série du même n
Annoncée à 100 000/150 000 €, cette Transparence à la gouache, aquarelle et encre sur carton (103 75 cm) appartient à la série du même nom des années 1925-1927. Francis Picabia (1879-1953) superpose plusieurs plans de papier transparent ou cellophane, à travers lesquels jouent les silhouettes d’un noir profond grâce à l’encre de Chine. «Mon esthétique actuelle provient de l’ennui que me cause le spectacle de tableaux qui m’apparaissent comme congelés en surface immobile, loin des choses humaines», explique l’artiste. On est loin de l’impressionnisme de ses débuts…
«Mon travail, c’est avant tout une énergie. Mes images ne sont pas figuratives ou graphiques, c’est plutôt le journal intime de ma vie», e
«Mon travail, c’est avant tout une énergie. Mes images ne sont pas figuratives ou graphiques, c’est plutôt le journal intime de ma vie», explique JonOne. Cet artiste, né en 1963 à Harlem, est l’un des pionniers du mouvement graffiti à New York dans les années 1980, et l’un des peintres les plus cotés sur le marché de l’art urbain contemporain. Comptez 35 000/45 000 € pour décrocher cet acrylique et spray sur toile, Boom Zamm (150 185 cm), réalisé en août 1990 et provenant d’une collection privée parisienne.
dimanche 20 octobre 2019 - 15:30 - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Aguttes
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