De Chu Teh-chun à Botero

Le 21 mai 2020, par Sophie Reyssat

L’art contemporain se décline, de l’abstraction à la figuration, et de l’après-guerre à nos jours.

Chu Teh-chun (1920-2014), Composition n° 62, huile sur toile, signée, numérotée, contresignée et datée 1960, 65 100 cm.
Estimation : 250 000/350 000 

Cette vente d’art contemporain fait dialoguer l’Asie et l’Occident en offrant un large éventail de styles servis par de grands noms. Chu Teh-chun ouvre la voie avec cette œuvre de 1960. À l’époque, grâce au contrat signé deux ans plus tôt avec la galerie Legendre, l’artiste peut se consacrer sereinement à la peinture et explorer librement la voie de l’abstraction. Il entend alors faire la synthèse entre la poésie présidant à la conception de la nature chez les peintres traditionnels chinois, et l’émotion transmise par les artistes occidentaux de la mouvance impressionniste. En 1961, il dévoile ses œuvres pionnières dans sa première exposition personnelle parisienne, à la galerie du Haut-Pavé. Si le budget nécessaire pour acquérir cette œuvre, autour de 300 000 €, est conséquent, une flamboyante gouache, datant également de 1960, est proposée entre 60 000 et 80 000 €. Pendant la même décennie, Aurélie Nemours s’engage dans une voie opposée, faite de rigueur géométrique. En témoigne Céphée, une toile toute cartésienne de 1969, divisant en carrés un espace rythmé par la couleur (25 000/35 000 €). La figuration n’est pas oubliée pour autant. Découvrant l’Europe au début des années 1950, comme Chu Teh-chun, le colombien Fernando Botero prend le contrepied du «diktat» de l’abstraction. «En étudiant Giotto, Masaccio, Piero della Francesca, Ingres, j’acquis graduellement plus de clarté sur ce que l’espace et le volume voulaient me dire», confiait l’artiste. Il se lance ainsi dans une dilatation des formes devenue sa signature. Sa Nature morte à la mandoline, peinte en 1957, en est le manifeste, et sa Reclining woman de bronze sa digne héritière (voir photo page 108). Pour illustrer la figure humaine, terminons cette évocation avec les portraits d’un autre artiste chinois, Yan Pei-ming. Alors qu’un Portrait robot de 1992 est attendu autour de 31 500 €, comptez près de 125 000 € pour son autoportrait de 2002.

Agenda

Le vendredi 29, l’art contemporain s’ouvrira sur l’Asie : le visage de Yan Pei-Ming (100 000/150 000 €) fera face à deux œuvres de Chu Teh-chun, dont la plus attendue, datée de 1960, nécessitera quelque 300 000 €. D’autres tableaux se feront remarquer, signés Zhang Dali, Wang Yancheng ou encore Zhuang Hong Yi, tandis que Wang Keping signe une sculpture anthropomorphe confinant à l’abstraction, taillée dans le bois vers 1998 (7 000/9 000 €). Une fourchette de prix tout aussi large sera appréciée du côté de l’art occidental, où la variété sera de mise. Les affiches lacérées par Jacques Villeglé en 1987, créant une œuvre titrée Rue de Rennes (autour de 10 000 €), côtoieront une toile d’Aurélie Nemours divisée en carrés en 1969 (25 000/35 000 €). Alors que le clocher de l’Église de Landerneau se dressera sous le pinceau de Bernard Buffet (80 000 € environ), une femme de bronze s’allongera grâce à Fernando Botero moyennant quelque 275 000 €.

vendredi 29 mai 2020 - 14:30 - Live
Neuilly-sur-Seine - Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200
Aguttes
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