Bijoux de famille

Le 21 mai 2020, par Sophie Reyssat

Trois bracelets historiques évoquent le souvenir des souverains européens du XIXe siècle.

Bracelet en argent et or articulé et ajouré, serti de diamants et d’émeraudes, fermoir orné d’un motif amovible pouvant former broche, XIXe siècle, l. 18 à 18,5 cm environ, poids brut 68,1 g, dans son écrin de la maison Moritz Elimeyer à Dresde.
Estimation : 25 000/30 000 

La royauté se raconte également en bijoux. Entrelaçant deux cœurs sur son fermoir, ceux de Carola et d’Albert, dont les prénoms forment les maillons scintillants de pierreries, ce bracelet est une prestigieuse parure de fiançailles. Il a en effet été commandé par Albert de Saxe à l’un des meilleurs joaillier de Dresde, Moritz Elimeyer, pour la princesse Caroline de Holstein-Gottorp, dite Carole de Wasa. La promise n’hésita pas à se convertir au catholicisme pour convoler en justes noces avec le roi, en 1853. Un second bracelet nous emmène à l’autre bout de l’Europe, en Sicile. Cette fois, sept miniatures ovales en émail polychrome réalisées une vingtaine d’années plus tôt, vers 1830, évoquent la dynastie à laquelle il a appartenu : elles figurent les portraits du roi François Ier des Deux-Siciles – en uniforme et paré de ses décorations – et ceux de sa famille. Ce bijou articulé en or jaune se pare en outre d’agrafes feuillagées ponctuées de petits cabochons de diverses agates, d’améthyste et de corail, ce trésor de la mer qui a fait la renommée de Trapani et de Naples (25 000/35 000 €). Restons dans les portraits avec celui de Victor-Emmanuel II – annoté «Sabbione 1876 Torino» –, monté sur le trône de Sardaigne en 1849, puis d’Italie en 1861. Placée au centre d’un large bracelet semi-rigide et ouvrant en or jaune, la miniature émaillée du roi, qui arbore l’ordre militaire de Savoie entre autres décorations, est protégée par un motif articulé au motif du drapeau italien traduit en joaillerie : émeraudes, diamants et rubis. Ces couleurs nationales se retrouvent également sur le chiffre du souverain, surmonté d’une couronne royale et présentant deux branches feuillagées en faisceaux à sa base. Ce bijou aux accents patriotiques, pour lequel il faudra prévoir autour de 50 000 €, aurait été offert à l’épouse morganatique du roi, la belle Rosa Vercellana.

Agenda

Le dimanche 24, le règne de Louis XVI sera aussi bien évoqué par des objets ayant appartenu à Marie-Antoinette, comme une grande serviette utilisée lors du sacre (2 000/3 000 €) ou une malle de voyage de sa suite (autour de 9 000 €), que par le portrait de son architecte Michel Louis Melan (10 000/15 000 €). Les royautés d’Europe seront plus largement conviées, de la Sicile à la Saxe, en passant par le Danemark, grâce à de prestigieux bijoux et des portraits de leurs membres, pour peu de débourser entre 10 000 et quelque 60 000 €. Dans des fourchettes plus douces, de rares souvenirs historiques seront au rendez-vous, comme une soupière couverte en faïence de Creil et Montereau ou de Choisy, ornée des visages de la famille de France en grisaille (1 200/1 800 €), ou encore une boîte ovale révolutionnaire en argent, agrémentée de six miniatures sous verre, dont celle de la prise de la Bastille (3 000/5 000 €).

dimanche 24 mai 2020 - 14:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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