Un sabre historique

Le 16 septembre 2020, par Caroline Legrand

Offert par la ville de Solingen au général Étienne Radet, ce sabre a vécu des moments majeurs de l’histoire de France et de l’épopée napoléonienne.

Période Consulat. Sabre du général Étienne Radet (1762-1825) offert par la ville de Solingen, monture en bronze doré, lame damas légèrement courbe signée au talon « Samuel Mumm fabricant à Solingen », fourreau en bois, recouvert de cuir verni noir, à trois garnitures de laiton doré, l. 91,5, avec fourreau 108,6 cm.
Estimation : 20 000/30 000 


Avec sa lame gravée du nom du récipiendaire, d’un décor de trophées militaires et des armoiries de Solingen et son fourreau richement orné, ce sabre nous rappelle bien des histoires. Quand il est offert, entre 1796 et 1800, au général Étienne Radet par la ville de Solingen, ce dernier compte parmi les plus grandes figures du Consulat, et bientôt de l’Empire. Né dans la Meuse, Radet devient adjudant en 1784, à 18 ans. Après la mort de son père, il rentre en Lorraine et intègre la garde nationale de Varennes au moment de la fuite de Louis XVI. Fidèle au régime, il tentera alors en vain d’aider le roi à passer à l’étranger. Bien qu’inquiété un temps par le tribunal révolutionnaire, il poursuivra sa carrière à partir de 1797 dans la gendarmerie. Devenu inspecteur général de l’Arme en 1800, à Paris, il propose alors à Bonaparte le premier règlement sur la gendarmerie, qui sera la base de cette institution durant les siècles suivants avec ses trois bras, administratif, militaire et judiciaire. Napoléon Bonaparte promulgue l’arrêté le 31 juillet 1801, mais désire y ajouter une police secrète. Radet s’y oppose par déontologie et se voit disgracié. Mais l’Empire utilisera encore ses talents pour organiser des compagnies de gendarmes afin de sécuriser tout le territoire de l’Empire, mais aussi pour une mission plus confidentielle : arrêter Pie VII qui a excommunié Napoléon Ier. Le général organise son enlèvement en 1809 et place en résidence surveillée celui qui avait assisté au couronnement de l’empereur des Français. En récompense, il sera nommé baron d’Empire.

Agenda
469 lots défileront sous les couleurs du militaria, avec des estimations comprises entre 15 et 5 000 €. Un seul lot fera exception : un sabre du Consulat offert par la ville de Solingen au général Étienne Radet, qui se distingua durant l'épopée napoléonienne en arrêtant notamment, sur ordre de Bonaparte, le pape Pie VII (20 000/30 000 €. Voir Gazette n° 32, page 106). On avancera dans le temps avec la présentation à 3 000/5 000 € d'une rare mèche de cheveux de l'Empereur, provenant de son premier valet de chambre à Sainte-Hélène et exécuteur testamentaire, Louis-Joseph marchand. Mentionnons par ailleurs un rare fez de la division Handschar – modèle porté avec la tenue de combat – passé par la collection d'un vétéran américain (2 200/2 500 €), un morion (type de casque) en fer forgé et riveté du XVIe-XVIIe siècle (2 000/2 500 €) et un fusil à rouet germanique de la fin du XVIIe, à crosse en noyer incrusté d'os et d'ivoire (1 500/2 000 €).  
samedi 26 septembre 2020 - 13:30
Vernon - 8, avenue de l'Ile-de-France - 27200
Hôtel des Ventes des Andelys
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