Un Hermès exhumé par Raymond Lizop

Le 17 juin 2020, par Caroline Legrand

Un Hermès en bronze du Ier siècle de notre ère et un cratère attique du début du IVe siècle avant Jésus-Christ joueront les premiers rôles dans cette vente toulousaine. Attention, raretés !

Époque gallo-romaine, Ier siècle. Statuette d’Hermès nu, bronze, h. 11,7 cm (hors socle).
Estimation : 15 000/20 000 

On sait l’importance des provenances et des pedigree dans le domaine de l’archéologie. Les collectionneurs ne seront pas déçus avec cet Hermès en bronze qui a été exhumé, en 1920, sur le site de Saint-Cizy, en Haute-Garonne, par Raymond Lizop (voir Gazette n° 10, page 32) ; l’archéologue a particulièrement fouillé cette région riche en belles demeures romaines. La statuette a été conservée par la propriétaire du terrain, Madame Bazy, puis sa descendance jusqu’à la vente, en 1983, à son dernier détenteur. Une pièce de collection à la beauté parfaite des athlètes de Polyclète ! Toute l’élégance et la maîtrise des céramiques à figures rouges lui font écho dans ce cratère attique du début du IVe siècle avant notre ère. Avec ses retouches au pinceau fin, la technique des figures rouges s’impose à la fin du VIe siècle avant J.-C. à Athènes sur celle «à figures noires», moins précise et vivante dans son traitement des corps et des draperies. Daté vers 400/375, l’objet en présente un décor typique, se référant d’ailleurs plutôt à des productions attiques du siècle précédent, qui signe l’apogée du style classique. L’iconographie des céramiques grecques s’est diversifiée grâce à cette évolution, et de nombreuses scènes de la vie quotidienne ou de la mythologie sont apparues. Ainsi, ce vase en cloche présente un cavalier à chapeau à large bord, dont le cheval est couronné par une figure de Niké, suivie d’un hoplite en habit de citoyen-combattant. Cette scène de libation prélude au départ du guerrier au combat, lui assurant la protection des dieux ou un retour glorieux. Sur l’autre face, une scène à la thématique de la victoire est décrite : trois jeunes hommes sont en conversation, appuyés sur des bâtons, et l’un d’eux tient une couronne… Acquise sur le marché en 1995 par son actuel propriétaire, cette céramique serait attribuable, selon le professeur Arthur Dale Trendall, au peintre dit « Long Overfalls » du groupe Rewo, dont la coiffure des femmes – aux cheveux ceints d’une sphendoné et ramassés en petits chignons – est caractéristique. Un maître au talent accompli !



 

samedi 27 juin 2020 - 14:00
Toulouse - Hôtel des ventes Saint-Aubin, 3, boulevard Michelet - 31000
Marc Labarbe
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