Adoratrice d’Amon

Le 04 mai 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

Ce fragment de bas-relief au nom de Chepenoupet II provient sûrement de la tombe de cette adoratrice d’Amon, qui a vécu sous la dynastie kouchite.

Égypte, Basse-Époque, XXVe dynastie (710-650 av. J.-C.), grès, 50,5 95,5 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

Connu sur le marché de l’art depuis 1970, ce bas-relief, ayant appartenu à un marchand hollandais de Soestdijk, provient d’une collection privée aujourd’hui dispersée au profit de la Croix-Rouge monégasque. Le bas-relief représente trois fois Hâpy, le dieu du Nil. Agenouillé, vêtu d’un pagne, la tête surmontée de lotus et de papyrus, il porte un plateau d’offrandes composées de deux vases-hes et d’un sceptre-ouas. Tous ces symboles renvoient, bien sûr, à la fertilité dont Hâpy est le gardien. Ce fragment pourrait provenir d’un temple funéraire de Medinet Habou, en Égypte, non loin de Thèbes, où se trouve le fameux temple des millions d’années de Ramsès III. La tradition de représenter Hâpy sur les registres inférieurs des monuments mortuaires remonte à la Ve dynastie, avec notamment la pyramide de Sahourê, sur le site d’Abousir au nord de Saqqarah. D’autres divinités associées à la fécondité, à l’instar d’Ouadjour, ornaient les temples afin d’assurer le nécessaire au défunt pour sa vie dans l’au-delà. Sur notre bas-relief, chacune des trois représentations d’Hâpy est séparée d’une colonne de hiéroglyphes. Elles comprennent le cartouche de Chepenoupet II, divine adoratrice d’Amon de 710 à 650 av. J.-C.
La XXV
e dynastie pharaonique, du royaume de Napata, est la seule à avoir été uniquement nubienne. Surnommés les pharaons noirs, ces rois étaient des grands adorateurs du dieu Amon. La chapelle mortuaire de Chepenoupet II est située dans le temple de Medinet Habou, là où se faisaient enterrer, sous les dynasties kouchite et saïte entre autres, les adoratrices d’Amon – ces prêtresses tout entières dédiées au service du dieu.

Agenda
De nombreux lots seront vendus au profit de la Croix-Rouge monégasque. Parmi les pièces romaines remarquables, on trouve une tête de femme en marbre datée de la période julio-claudienne (4 000/6 000 €) ou encore une cuve d'urne cinéraire en marbre blanc du milieu du IIe siècle (6 000/8 000 €). De nombreux vases grecs, des verres et des flacons antiques sont à acquérir pour moins de 500 €. L'Antiquité égyptienne comprend aussi des lots remarquables : un couvercle de cuve de sarcophage de la période Ptolémaïque, en bois polychrome (12 000/15 000 €), un collier en coquille d'œuf d'autruche de la XVIIIe dynastie (1390-1292 av. J.-C.), estimé 8 000/12 000 €, ou encore un vase du Nouvel Empire (1550-1070 av. J.-C., 15 000/18 000 €).
mercredi 12 mai 2021 - 14:30
Hôtel des Ventes de Monte-Carlo - 10/12, quai Antoine 1er - 98000
Hôtel des ventes de Monte-Carlo
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