À la recherche de collections oubliées

Le 21 septembre 2021, par Claire Papon

Antiquaire, expert, archéologue, François Bigot a eu plusieurs activités mais une seule passion. Deux jours seront nécessaires pour disperser les 800 lots de sa collection.

Sud de la France, Chalcolithique. Statue-menhir anthropomorphe portant un double collier, les mains sur le ventre, la tête indiquée par deux points pour les yeux et une bouche en arc de cercle, pierre calcaire rose, l. 43 cm.
Estimation : 15 000/20 000 Adjugé : 25 640 €

Prévue depuis plusieurs mois mais restée confidentielle, la vente de ces objets devrait mettre en émoi amateurs, fouilleurs et férus d’archéologie et de préhistoire. Les objets ont été conservés jusqu’à ce jour à l’abri d’un petit manoir normand et sont cédés par la famille de François Bigot (1950-2009). Ce chercheur d’objets qui sillonnait la France entière s’était établi antiquaire à Rouen en 1976, puis avait su mettre à profit ses compétences pour organiser en tant qu’expert deux ventes annuelles de sa spécialité avec l’hôtel des ventes d’Évreux. La complicité dura trente-cinq ans. Passionné, il savait transmettre dans ses conférences les connaissances acquises lors de ses études d’histoire. En 1968, il participe à la fouille d’une habitation magdalénienne sur le site de Pincevent, entre les confluences de l’Yonne et du Loing, puis sous la férule de Jacques Tixier, en Dordogne, contribue à l’inventaire de la grotte Chauvet-Pont d’Arc découverte en 1994. François Bigot avait réuni un monde singulier… Un fragment de maxillaire de Paranthropus, provenant d’Afrique du Sud (5 000/10 000 €), précède ainsi un ensemble pléthorique de bifaces et de feuilles de laurier en silex ; des lames et des pointes à cran (200 à 1 000 €) mais aussi un fragment d’omoplate gravé d’une tête d’auroch et d’un cervidé, provenant des fouilles d’Isturitz dans les Pyrénées (20 000/30 000 €). Sans oublier une pointe de harpon en os à décor incisé du Paléolithique supérieur (5 000/7 000 €). Tout aussi nombreux et variés sont les haches polies, les lots d’outillage, les couteaux et les poignards (voir ci-contre). Une statue-menhir enfin, en pierre calcaire rose du sud de la France (voir page 32), fait écho à celle monumentale installée au musée Soulages à Rodez. Prenant la forme de monolithes, ces œuvres gravées et sculptées représentant dans leur majorité des figures humaines – divinités ? ancêtres – entrent en résonnance avec le travail sur la matière du peintre de l’outrenoir. Une façon de rapprocher passé et présent…
 

Danemark, Néolithique. Poignard foliacé à retouches débordantes, en silex gris, l. 33 cm. Estimation : 5 000/7 000 €
Danemark, Néolithique. Poignard foliacé à retouches débordantes, en silex gris, l. 33 cm.
Estimation : 5 000/7 000 
Agenda
Deux jours seront nécessaires – les 28 et 29, à 11 h et 13 h 30 – pour procéder à la vente de la collection François Bigot (1950-2009). Si l'on ne compte plus le nombre de bifaces, grattoirs, burins, feuilles de laurier, bracelets, fibules et lames d'épée, on surveillera un fragment de maxillaire d'un paranthropus provenant du Transvaal Museum (5 000/10 000 €), des fragments d'os dont un gravé de deux chevaux de l'époque du Magdalénien (6 000/8 000 €), une hache en jadéite à bords plats de type carnacéen du Néolithique final (8 000/12 000 €), une statue-menhir anthropomorphe du sud de la France du Chalcolithique (15 000/20 000 €), un ensemble provenant d'un cimetière gaulois à Lally, de la culture de La Tène ancienne, comprenant bracelets et roques en bronze (20 000/25 000 €).
mardi 28 septembre 2021 - 11:00 - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Auction Art Rémy Le Fur & Associés
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