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Une Joconde romane auvergnate

Publié le , par Claire Papon

Direction l’Auvergne avec cette Vierge à l’Enfant de la fin du XIIe siècle. 

Une Joconde romane auvergnate
Auvergne, fin du XIIe siècle. Vierge à l’Enfant dite Sedes Sapientiae en noyer sculpté en ronde bosse avec restes de polychromie, assise sur un banc trône à arcades, h. 75 cm.
Estimation : 60 000/80 000 Adjugé : 140 800 €


Les pièces de ce type et de cette époque, complètes et exécutées sous le ciseau d’une seule et même main, sont extrêmement rares. Cette représentation de Marie, assise sur un trône, son enfant sur les genoux est peut-être davantage envoûtante que belle. Plus que son siège à arcature, c’est elle-même qui incarne le trône de la sagesse (Sedes sapientiae), médiatrice parfaite et intime entre Dieu et l’homme, présentant son fils qui vient sauver ce dernier de la compromission. La parole est incarnée par le livre que tient Jésus, dont la tête (refaite au XIVe siècle) est amovible et destinée à accueillir des reliques. La Vierge est quant à elle exécutée dans une seule pièce de noyer. Contrairement à son enfant, dont la bouche semble esquisser un sourire, elle présente une expression grave et solennelle, ses yeux au regard fixe contemplant l’au-delà, inaccessible au fidèle qui vient prier devant Dieu. On est loin des Vierges allaitantes et pleines de tendresse qui fleuriront à la Renaissance. Le siège à arcades, la position hiératique, la présentation frontale de l’Enfant, les plis en chaînette du drapé, la coiffure en bandeaux dépassant du voile, de grandes mains placées sur le genou et le torse de l’Enfant, le mode de construction et la polychromie sont typiques des productions auvergnates. La sculpture pourrait être l’œuvre de l’atelier à qui l’on doit également la Vierge en majesté Notre-Dame de Claviers, conservée dans l’église Saint-Barthélemy de Moussages, dans le Cantal –  l’une des plus belles Vierges romanes d’Auvergne qu’André Malraux n’hésitait pas à qualifier de huitième merveille du monde… Conservée de longue date dans une collection parisienne, notre sculpture pourrait, avec de telles références, aiguiser l’intérêt du marché international. Et faire au moins un bienheureux…

Agenda

Les premiers récompensés sont les amateurs de bijoux et de montres (est. 200 à 5 000 €), les suivants ceux de tableaux anciens et XIXe. Un panneau de l'école flamande du XVIIe de l'atelier de Frans Francken, Les Noces de Cana, bénéficie d'une estimation de 12 000/18 000 € (voir Gazette n° 35, page 6), une version de Saint Jérôme dans son atelier d'un suiveur de Pieter Coecke d'Aelst de 15 000/20 000 €, tout comme une Étude de tête d'homme pour le Rêve du bonheur, 1819 à la pierre noire, l'estompe et la craie blanche de Pierre-Paul Prudhon. D'Eugène Boudin, une toile vers 1885-1890, Vaches au pré nécessitera 10 000/15 000 €. Estimé 8 000/10 000 €, un vase de forme yuhuchunping en porcelaine décorée en bleu d'un paysage au rocher d'époque Qianlong précède un grand reliquaire en bois indigène, ébène et ivoire à décor clouté, travail mexicain fin XVIIe-début XVIIIe (3 000/5 000 €) alors qu'une Vierge à l'Enfant auvergnate en bois polychrome de la fin du XIIe siècle est annoncée à 60 000/80 000 €. Comptez enfin 6 000/8 000 € et 15 000/25 000 € respectivement d'une chaise à porteur en bois peint polychrome de paysages et d'armoiries (seconde moitié du XVIIIe siècle) et d'une commode à double ressaut en bois de placage marqueté de vases fleuris, dessus de marbre brèche, d'époque Transition, attribuée à Godefroy Dester.

mercredi 01 décembre 2021 - 13:30 (CET) - Live
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