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Dans l’intimité de Bonnard

Publié le , par Sophie Reyssat

L’émotion du peintre est perceptible dans les portraits de ses neveux et de Renée Monchaty.

Dans l’intimité de Bonnard
Pierre Bonnard (1867-1947), Enfants solfiant, Charles et Jean Terrasse, 1900, huile sur carton marouflé sur panneau, 1900, 44,5 53,5 cm.
Estimation : 200 000/250 000 

Consacré à l’art moderne et contemporain, ce dimanche se divisera en deux parties, la matinée étant réservée à une collection privée parisienne déclinant les avant-gardes européennes depuis 1960. Ce tableau de Pierre Bonnard appartient à la seconde section du catalogue, dispersée l’après-midi. Il fait partie des œuvres réalisées à l’occasion de ses nombreuses réunions familiales. L’artiste apprécie ces moments de bonheur simple, et prend souvent pour modèles les enfants de sa sœur, Andrée, qui a épousé le compositeur Claude Terrasse. Sa tendresse pour Charles et Jean transparaît dans cette œuvre pleine de spontanéité. Il a su saisir toute la subtilité des apprentis musiciens penchés sur un cahier de partitions pour apprendre le solfège, l’un dubitatif, l’autre plus concentré. Le cadrage resserré accentue le caractère intimiste de la scène. Derrière ses neveux, l’arrière-plan paré de fleurs rouges sur fond vert, cerné de noir en haut de la composition, est emblématique de la période nabi de Bonnard, très appréciée par les amateurs. Coloriste hors pair, il joue avec une douce lumière dorée, qui caresse les rondeurs des visages juvéniles. Un autre portrait, peint à l’huile sur toile une vingtaine d’années plus tard, traduit les émotions du peintre (reproduit page 136). Il représente en effet Renée Monchaty, qui devint son modèle en 1916, et sa maîtresse en 1918. Trois ans après, il s’évade avec elle à Rome, pour un séjour plein d’insouciance où il songe au mariage. Pourtant, à son retour, ce n’est pas la jolie blonde qu’il épouse, mais la brune énigmatique, Marthe, dont il s’était épris en 1893. Celle-ci exigea de son époux qu’il détruise tous les portraits de Renée, qui se suicida trois semaines après les noces de sa rivale, en 1925.
 

Pierre Bonnard (1867-1947), Portrait de femme (Renée Monchaty), vers 1920, huile sur toile, 43 x 34 cm. Estimation : 150 000/180 000 €
Pierre Bonnard (1867-1947), Portrait de femme (Renée Monchaty), vers 1920, huile sur toile, 43 34 cm.
Estimation : 150 000/180 000 

dimanche 06 décembre 2020 - 14:30 (CET) - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000 Versailles
Osenat
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