facebook
Gazette Drouot logo print

Un laqueur japonais en France

Le 10 novembre 2021, par Caroline Legrand

Quand l’art japonais traditionnel rencontre le style figuratif d’un Henri Matisse : Katsu Hamanaka nous offre un panneau de laque d’une séduisante originalité.

Un laqueur japonais en France
Katsu Hamanaka (1895-1982), Musiciens et danseurs, vers 1935, panneau de laque rouge et dorure, signé en bas à gauche avec calligraphies, 110 200 cm.
Estimation : 40 000/50 000 Adjugé : 51 350 €


L’art de la laque a connu au XXe siècle un renouveau tant en Asie qu’en Occident. Si les ventes aux enchères actuelles nous ont permis de nous familiariser avec la manière vietnamienne, ce panneau signé Katsu Hamanaka permet de s’intéresser à celle du Japon. Daté vers 1935, Musiciens et danseurs rappelle que la laque recouverte d’or, dite «maki-e», est une invention japonaise. Utilisée sur l’archipel depuis des millénaires, la laque était tout d’abord destinée au décor des petits objets, avant d’aborder, à l’époque d’Edo notamment, celui des meubles et des paravents. Cet art traditionnel fut préservé au fil des siècles et choyé par les Nippons. Le XXe siècle a apporté sa part d’évolutions, notamment avec la stylisation des décors et grâce au contact de l’art occidental : lors de la Première Guerre mondiale, des artisans japonais sont ainsi venus en Europe afin de laquer les hélices d’avion en bois, et y sont restés. Et puis, les Expositions universelles permettent à l’art japonais de se révéler au monde. Katsu Hamanaka arrive quant à lui à Paris en 1924 avec son épouse. Ce natif de l’île d’Hokkaido a étudié à Tokyo les arts appliqués, notamment auprès du laqueur Katsutaro Yamazaki. En France, il retrouve son compatriote Seizo Sugawara, venu dans le pays à la demande du bijoutier Lucien Gaillard et qui influencera Eileen Gray et Jean Dunand. Après avoir reçu ses précieux conseils, Hamanaka installe son atelier au 7, cité Falguière dans le 14e arrondissement. Il se spécialise dans la laque, tout d’abord dans la lignée de l’art traditionnel japonais, avec notamment des motifs géométriques. Mais peu peu, s’initiant à l’art moderne et influencé par la peinture française de l’époque, il développe un style plus figuratif, notamment vers 1934-1935. Il expose dans les salons parisiens ses nombreux paravents et ses plus rares panneaux décoratifs. Il collabore lui aussi avec les décorateurs art déco, en tête desquels Leleu, Ruhlmann ou Adnet. Notre œuvre illustre bien la période d’apogée de l’artiste, le voyant marier avec brio son art traditionnel et la peinture moderne. Ainsi recevra-t-il en 1937 le Grand Prix lors de l’Exposition internationale des arts et techniques à Paris, pour son panneau Les Trois Grâces.

Œuvres d'Art & Artisanat d'Art
vendredi 19 novembre 2021 - 17:00 (CET) - Live
- 06410 Biot
Cannes Enchères
Gazette Drouot
La Gazette Drouot
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne
Gazette Drouot