Loiseau, le paysage sensible

Le 26 novembre 2020, par Sophie Reyssat

Cette vue enneigée d’une commune des bords de Seine témoigne des recherches postimpressionnistes de l’artiste.

Gustave Loiseau (1865-1935), La Seine à Triel-sur-Seine, huile sur toile signée, 46 55 cm (restaurations, rentoilage).
Estimation : 15 000/20 000 €
 

Les bords de Seine, mais aussi de l’Oise, de l’Eure ou encore du Loing, n’ont eu aucun secret pour Gustave Loiseau. Après avoir passé son enfance à Pontoise, il était revenu s’installer dans la ville, où il est resté plus de trente ans. Il était ainsi aux premières loges pour observer les cours d’eau environnants. Loiseau, qui a exposé aux côtés des postimpressionnistes chez Durand-Ruel et Le Barc de Bouteville, de 1890 à 1896, n’a en effet eu de cesse de sillonner les paysages d’Ile-de-France et de Normandie, de Paris jusqu’au Havre. À toute heure du jour, il recherche les effets atmosphériques créés par les nuages et la brume légère, et étudie les modifications de la lumière à chaque saison. Comme Monet, il réalise des séries, représentant les multiples variations qui s’opèrent sur un même motif. L’hiver l’a inspiré à de nombreuses reprises. Il livre ici un paysage givré, dont la neige uniformise les teintes dans un camaïeu de bruns et de beiges plongeant La Seine à Triel-sur-Seine dans une atmosphère feutrée, presque crépusculaire. Dépourvues de poudreuse, que la superposition des touches de matière contribue à rendre palpable, les verticales plus sombres des murs scandent la composition et lui confèrent sa profondeur.

Agenda

L’hiver arrive le 1er décembre, avec son cortège de flocons poudrant La Seine à Triel-sur-Seine, peinte par Gustave Loiseau (15 000/20 000 €), tandis que Matisse trace des visages à l’encre de Chine pour créer deux compositions en 1948 (autour de 5 000 € chacune). Un autre peintre sera au rendez-vous, Armand Guillaumin, dont le buste a été sculpté dans le bronze par son ami Paul Paulin, en 1908 (1 000/1 5000 €). La couleur s’invitera au programme avec une composition de 1953 par Yvaral, et Les Ballons orange peints par Georges Terzian en 2012 (4 000/6 000 €), tandis que la fantaisie du mobilier viendra d’un meuble d’apparat dans le goût de Viardot, formant desserte ouvrant par des portes à décor de laque, et vitrine sur fond de miroir en partie haute (5 000/8 000 €).

mardi 01 décembre 2020 - 02:15
Deuil-la-Barre-Montmorency - 77, rue Cauchoix - 95170
Valérie Régis - HDV de la Vallée de Montmorency
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