Lucien Rollin, architecte décorateur

Le 19 novembre 2020, par Sophie Reyssat

Plus de 80 œuvres de Lucien Rollin évoquent ses univers, ses meubles des années 1930-1940 en tête.

Lucien Rollin (1906-1993), paire de guéridons à doubles plateaux ovales en palissandre gainés d’acier, montés sur un pied cannelé terminé par quatre patins sinueux en acier, années 1930, 74,5 49 39 cm
Estimation : 10 000/15 000 

Lit à chevets décalés en placage de palissandre disposé en damier, années 1930, 90 220 143 cm (rallongé).
Estimation : 2 000/3 000 

Avec des parents tapissiers décorateurs, Lucien Rollin avait le pied à l’étrier. Il a complété son apprentissage à l’école Boulle et à l’École des beaux-arts de Paris en faisant ses classes auprès de partisans de la modernité qui respectaient l’héritage du passé : l’ensemblier Jacques Émile Ruhlmann, et l’architecte Michel-Roux Spitz. Installé en 1928, il s’inscrit dans la droite ligne de ses modèles, et se fait si bien remarquer lors des salons, qu’il est choisi pour incarner le goût français à l’exposition «Century of Progress» de Chicago, en 1933. Sa participation à l’Exposition universelle de Paris, en 1937, lui vaut un grand prix. Des variantes du mobilier qu’il y a présenté sont ici proposées : une armoire en chêne aux vantaux panneautés alignant des motifs de carrés imbriqués (4 000/6 000 €), qui vont de pair avec sept chaises au dossier quadrillé (2 000/4 000 €). Ce goût des lignes sobres, jouant avec les motifs géométriques, se retrouve également dans un lit marqueté d’un damier de palissandre, dont les carrés présentent leurs veinages alternativement horizontaux et verticaux. Pour adoucir cette rigueur, une photographie d’archive montre que le décorateur encadrait le meuble de guéridons à plateaux ovales, comme reproduit ci-dessous. L’influence de Ruhlmann est perceptible dans leurs piétements mais aussi dans leur perfection d’exécution. Une exigence de qualité qui a réuni Lucien Rollin et Gilbert Poillerat autour de plusieurs meubles. Vers 1947, ils ont ainsi collaboré pour un fauteuil d’apparat à dossier droit et assise trapézoïdale, dont les accotoirs reposent sur des bronzes de troncs en armure (5 000/8 000 €). Ce modèle «Hôtel des Invalides», variante de celui commandé par le Mobilier national pour le bureau du général de Lattre de Tassigny, illustre l’admiration de Rollin pour les sièges des siècles passés, qu’il qualifie de «merveilleuses réussites». 

Agenda

Consacré aux arts décoratifs du XXe siècle, le dimanche 22 rend hommage à Lucien Rollin : plus de 80 œuvres, qui composaient son univers à la fin de sa vie et ont été conservées par sa famille, évoqueront le souvenir de ce disciple de Ruhlmann, qui a collaboré avec d’autres grands artistes comme Max Ingrand et Gilbert Poillerat. Comptez par exemple environ 17 500 € pour la table de salle à manger en chêne créée avec ce dernier en 1944, portée par des volutes en fer forgé réunis par une entretoise, ou encore autour de 12 500 € pour une paire de lampadaires modernistes formés par la réunion de cinq tiges d’acier, imaginés vers 1930. À la même époque, Claudius Linossier créait un vase ovoïde en dinanderie martelée patinée ocre, à décor d'une frise de chevrons (10 000/12 000 €). Des objets à marier avec une toile peinte par Marie Laurencin en 1939, montrant une Chaumière dans la forêt (9 000/11 000 €).

dimanche 22 novembre 2020 - 14:00 - Live
Saint Cloud (Le Floc'h) - 1 ter, boulevard de la République - 92210
Le Floc'h
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