Aloys Zötl, chassez le naturel…

Le 26 novembre 2020, par Claire Papon

Reconnaissables entre toutes – ou presque –, les aquarelles d’animaux d’Aloys Zötl témoignent de la curiosité de cet artiste originaire de Haute-Autriche qui ne voyagea pourtant jamais.

Aloys Zötl (1803-1887), Les Cécilies, 1851, aquarelle et encre, 44 54,5 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

Cette fois, ce sont les gymnophiones, plus connus sous le nom d’apodes ou de cécilies, qui ont eu les faveurs du peintre. Ces amphibiens, caractérisés par l’absence de membres et un corps annelé, habitent les contrées chaudes de l’Afrique tropicale, les îles de l’océan Indien, l’Insulinde et la moitié nord de l’Amérique du Sud, où ils mènent une existence semblable à celle des vers de terre, même si certains, adaptés à la vie dans les marais, sont nageurs. Tout le talent d’Aloys Zötl consiste à magnifier ces animaux dans un paysage exotique. Notre aquarelle a figuré à la vente de l’atelier de l’artiste par Maurice Rheims, le 19 décembre 1955 à l’Hôtel Drouot. Ce jour-là, un amateur acquiert trois dessins. C’est André Breton. Séduit par les aquarelles de celui qu’il compare au Douanier Rousseau, le poète ira jusqu’à rédiger la préface du catalogue de la seconde vente, en mai 1956. Un enthousiasme à la mesure de la passion du peintre, teinturier issu d’une famille d’artisans aisés, pour le règne animal. Il absorba les récits de son frère Josef, qui avait vu des cabinets de curiosités en Angleterre et en Allemagne. Si les animaux enflamment son imagination, il n’en oublie pas pour autant la vérité scientifique, nombre de ses légendes étant tirées d’ouvrages de Linné et d’Audebert. De 1831 à deux semaines avant son décès en 1887, Zötl compose son bestiaire. Soit 320 aquarelles où se côtoient pangolins, tatous, rhinocéros, babouins, raies cendrées et autres semnopithèques…

Agenda
Organisée sur deux jours, cette vacation débute, chronologie oblige, avec les feuilles des écoles (ou des artistes) françaises et étrangères des XVIIe, XVIIIe et XIXe, parmi lesquelles on a noté une Étude de roses avec trois bourgeons (aquarelle) de Jan Van Dael à laquelle on joint neuf autres études de fleurs du même artiste (3 000/4 000 €), une paire de vues de L'Arsenal de Toulon (plume, encres noire et brune, lavis) de Jean-Thomas Thibault (1 200/1 500 €), et la Vue intérieure d'une église de Palerme (aquarelle) par Charles Garnier (2 000/3 000 €). D'Aloys Zötl, un Exocet ou Poisson-volant (aquarelle et encre) et des Cécilies nécessiteront 2 500/3 000 € et 30 000/40 000 €, d'Eugène Boudin deux pastels de paysage 4 000/6 000 € chacun. Estimée 2 000/3 000 €, une aquarelle de Marcelle Gallois (1888-1962), Le Cours public, 1904, rappelle le parcours de cette portraitiste puis dessinatrice satirique bercée par un père libre penseur, passée par les beaux-arts de Montpellier, entrée chez les bénédictines de Saint-Louis du Temple sous le nom de Mère Geneviève Gallois où elle continuera à pratiquer le dessin pour des ateliers d'ornement, la gravure ou le vitrail, et recevant de nombreuses commandes de Paul Alexandre, mécène d'Amedeo Modigliani (2 000/3 000 €). Parmi les artistes modernes, on a retenu le nom de Ker-Xavier Roussel (deux paysages au pastel), une vue du port de Saint-Malo, 1928 à l'aquarelle, signée Paul Signac (20 000/30 000), cinq œuvres de Le Corbusier emmenées par un Couple en buste (30 000/50 000 €), typique des grands pastels que l'artiste réalisa à New York quand il y séjourna en 1946 en tant que représentant dans les phases de programmation du nouveau siège des Nations-Unies, deux temperas de Giorgio de Chirico datées 1968, Iliades, Vestales et guerriers au repos et Iliade, duel entre Pâris et Ménélas (25 000/30 000 € chacune).
mardi 01 décembre 2020 - 02:00 - Live
Live confiné - 3, rue Favart - 75002
Ader
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne