Le fabuleux bestiaire d’Aloys Zötl

Le 17 mars 2020, par Caroline Legrand

Vente maintenue à huis clos en live Internet et par téléphone. Avant le Douanier rousseau, Aloys Zötl a donné naissance à un bestiaire incroyable, qui séduira notamment les surréalistes pour sa précision scientifique et son univers fantasmagorique.

Aloys Zötl (1803-1887) L’Hémione, aquarelle et encre signée et datée 1880. 43 54 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

C’est au fin fond de la Haute-Autriche, à Eferding, qu’un simple teinturier sur cuir a donné naissance à une véritable encyclopédie du monde animal. Ce fils d’artisans aisés travailla sur ce grand œuvre dans le plus grand secret durant cinquante années, du 21 octobre 1831 à deux semaines avant son décès, en 1887. Zötl dessinait depuis son enfance, s’intéressant au travail de la couleur, indispensable aussi à sa profession. Par ailleurs, s’il ne voyage pas, il découvre le monde par les livres de sa bibliothèque et les récits de son frère Josef, qui visita quant à lui de nombreux cabinets de curiosités en Angleterre et en Allemagne. Son travail exigeant une grande précision et attention, dans lequel aucun détail anatomique n’est laissé au hasard, aboutit à la réalisation de trois cent vingt aquarelles. Toutes sont légendées en allemand et en latin, signées et datées du jour où l’artiste a estimé qu’elles étaient terminées. Ainsi notre hémione – onagre ou âne sauvage d’Asie – porte pour mentions «Der Dshiggetai. Equus hemionius» et «Alois Zötk fecit am 12 Mai 1880». Une annotation supplémentaire pourrait préciser sa source d’inspiration : «Saügethiere Tab.» en référence de l’ouvrage Anatomie des mammellifères, cité dans le «supplément à l’Histoire anatomiques des signes» par Félix Vicq-d’Azyr, en 1792 – à moins qu’il ne s’agisse là que de son propre classement des mammifères. Ce dessin a fait partie de la vente dirigée par Maurice Rheims à l’hôtel Drouot, le 19 décembre 1955, qui permit de sortir de l’oubli Aloys Zötl, ses dessins ayant été découverts à la fin de la guerre seulement. Il portait alors le numéro 107 avant de passer par la collection Louis Amic, puis de repartir sur le marché. C’est lors de la vente de 1955 qu’André Breton découvrit le travail de l’autodidacte autrichien. Totalement séduit par «le plus somptueux bestiaire qu’on eût jamais vu», il en acheta onze feuilles et préfaça même le catalogue de la seconde dispersion, en 1956. Dans le travail de cet homme simple, qui ne voyagea jamais, les surréalistes retrouvèrent certaines de leurs thématiques. Tout comme eux, on se laisse séduire par ces paysages poétiques en parfaite harmonie avec les animaux.

Agenda
VENTE MAINTENUE
C'est un peintre norvégien qui dominera les estimations. Knud Larsen Bergslien est connu pour ses portraits et ses scènes historiques relatant les grands événements de son pays, mais aussi des scènes de vie quotidienne typiques. Tel sera le cas de sa Réunion familiale devant le chalet avant le départ pour la chasse, de 1858. Restée dans une collection privée régionale durant cinquante ans, cette toile est attendue à 30 000/40 000 €. À ses côtés aux cimaises figureront deux huiles sur toile de Barthélémy Lauvergne, L'Étoile et la Belle Poule au port par mer agitée et L'Étoile et la Belle Poule en port de Toulon par mer calme (25 000/30 000 €), mais aussi L'Hémione, une aquarelle d'Aloys Zötl (20 000/30 000 €). Le mobilier se fera quant à lui classique avec un grand bureau Louis XIV, de forme mouvementée en placage de bois précieux, marqueté de guirlandes feuillagées et fleuries, estampillée par Pierre Migeon II (25 000/30 000 €), et une suite de quatre fauteuils Louis XIV à haut dossier en bois doré et sculpté, à décor de coquilles, entrelacs et motifs feuillagés (13 000/15 000 €). 
dimanche 22 mars 2020 - 14:00 - Live
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Herbette
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