Marie-Antoinette, Louis XIV et Molière

Le 12 novembre 2020, par Sophie Reyssat

Les plus grands acteurs de la royauté sont les invités d’une dispersion de souvenirs historiques.

François-Jean Garneray (ou Garnerey, 1755-1837), Molière honoré par Louis XIV, huile sur panneau, signée et datée 1824, 56 x 72,2 cm.
Estimation : 60 000/80 000 €

Consacrée à la royauté, cette vente entrera dans l’intimité des souverains avec ce soulier de Marie-Antoinette. Il est assez sobre, bien loin des falbalas d’une reine accusée par son peuple d’être dépensière et frivole. Son seul ornement, des rubans plissés dans le même ton que le reste de la chaussure, se retrouvent d’ailleurs sur les derniers qu’elle portait, le jour où elle monta sur l’échafaud, et dont l’un des souliers est conservé au musée des beaux-arts de Caen. La pièce présentée ce dimanche a quant à elle été conservée dans la descendance de Charles Gilbert de Lachapelle, dont l’épouse était une amie de madame Campan, la première femme de chambre de la reine. Qualifié de «grand roi, délice du peuple, terreur des ennemis, vengeur des lieux sacrés, miracle de l’univers», Louis XIV est glorifié par une médaille ciselée dans le bronze en 1706 (diam. 8,5 cm, 10 000/15 000 €). Son auteur, Antoine Benoist, entendait ainsi remercier le souverain de l’avoir «restitué dans sa noblesse». Élu membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1681, peintre du roi et son unique sculpteur en cire coloriée, l’artiste s’était rendu célèbre grâce à quarante-trois figurines en cire représentant les personnages de la cour, au point que le roi Jacques II lui-même l’avait invité à faire de même en Angleterre. Le Roi-Soleil savait également récompenser le talent des hommes de lettres, comme le rappelle un tableau de François-Jean Garneray peint des siècles plus tard, en 1824 : Molière honoré par Louis XIV (60 000/80 000 €). Prenant des libertés avec le récit historique, le peintre place l’épisode dans l’appartement intérieur du roi, à Versailles. Le souverain, en longue robe de chambre, invite le dramaturge à prendre part à sa collation. Les courtisans pénétrant dans la pièce sont tout aussi surpris que lui. Une mise en scène que n’aurait pas reniée Molière…
 

Soulier de couleur en soie sur l’avant et en chevreau sur l’arrière, orné sur le cou-de-pied de quatre rubans plissés superposés, semelle
Soulier de couleur en soie sur l’avant et en chevreau sur l’arrière, orné sur le cou-de-pied de quatre rubans plissés superposés, semelle en cuir, talon recouvert de peau vernie grise, h. 4,7 cm (talon), l. 22,5 cm. Marqué à la plume sur le talon «Soulier de Marie-Antoinette donné à M.de Voisey».
Estimation : 8 000/10 000 
Agenda

Le dimanche 15, Versailles emboîtera le pas de la royauté dans un soulier de Marie-Antoinette (8 000/10 000 €), et le programme remontera les siècles de la monarchie jusqu’à 1582, avec une lettre adressée par Catherine de Médicis au comte de Matignon, Jacques de Goyon (1 000/1 500 €). Les rois auront leurs médailles : celle ciselée dans le bronze à la gloire de Louis XIV, par Antoine Benoist (10 000/15 000 €), et les six épreuves préparatoires en étain pour l’« Histoire métallique du roi Louis XV » (2 400/2 500 €). Un homme de lettres sera lui aussi honoré, Molière, par le Roi-Soleil, comme le montre une huile sur panneau de François-Jean Garneray, imaginant l’épisode des siècles plus tard, en 1824 (60 000/80 000 €).

dimanche 15 novembre 2020 - 02:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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