Linossier ou la tradition renouvelée

Le 23 avril 2020, par Caroline Legrand

A l’instar d’un Jean Dunand, Claudius Linossier a participé au renouveau des arts décoratifs, et notamment de la technique séculaire de la dinanderie.

Claudius Linossier (1893-1953), vase sphérique à col annulaire, la base formant un léger talon, épreuve en dinanderie de maillechort montée au marteau, décor réalisé à la patine au feu et en incrustations d’argent sur fond anthracite, également patiné au feu, signé et daté 1928, h. 20,5 cm.
Estimation : 7 000/9 000 €

Apparue au Moyen Âge en Europe, la dinanderie - art du cuivre et du laiton - en appelle à une tradition ancestrale de l’artisanat. Alors que la production industrielle envahit les sociétés occidentales du XXe siècle, on y retrouve l'attachement aux matériaux, mais aussi aux gestes traditionnels tel que le martelage. Né à Lyon, dans le quartier de la Croix Rousse où vécurent durant des siècles des ouvriers d’art, Claudius Linossier a commencé très jeune à travailler le métal, dans une maison d’orfèvrerie religieuse lyonnaise, puis dans deux ateliers parisiens. Son passage chez Jean Dunand après la Première Guerre mondiale confirma un peu plus sa vocation. Ses icônes ? Les créations antiques, qu’il découvre avec émerveillement dans les collections du musée du Louvre. Durant des décennies, Linossier donnera naissance à des pièces décoratives de dinanderie parmi les plus recherchées de l’époque art déco. Il recevra d’ailleurs un grand prix international à l’Exposition universelle de 1937. Comme l’illustre ce vase sphérique au décor de frises superposées de triangles et de grecques, réalisé en 1928, il donne sa préférence aux formes simples et épurées et aux motifs géométriques et stylisés, qu’il sait mettre en valeur par des incrustations de métaux patinés à l’acide ou oxydés au chalumeau. Ses élégantes couleurs rouge cuivre et noir argenté demeurent sa signature.

Agenda
Les arts du XXe siècle signeront les temps forts grâce notamment à un important vase sphérique en dinanderie à col annulaire de Claudius Linossier, agrémenté de frises superposées de triangles et de grecques. S'il faudra envisager 7 000/9 000 € pour cette pièce, 4 500/5 500 € sont à prévoir d'une rare suspension des Frères Muller à Lunéville, à décor de la Ligne bleue des Vosges, paysage vosgien aux cigognes et pommes de pin. Nous attirerons encore votre attention sur une paire de bronzes de l'artiste animalier Georges Gardet, figurant des chiens dogues danois (4 000/6 000 €), mais aussi sur une Vue du chevet de Notre-Dame de Paris pris des quais de Seine, sous le pinceau de Stanislas Lépine (3 000/3 500 €). 
lundi 27 avril 2020 - 14:30
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