Mozart, père et fils

Le 12 novembre 2020, par Claire Papon

Ce précieux manuscrit de Mozart figure en bonne place dans la vente consacrée à la musique au sein des collections Aristophil. Et il est le seul témoignage d’une œuvre perdue du Salzbourgeois.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), manuscrit musical autographe, Magnificat [K. 321a], 1779, une page, oblong in-4° (22,7 30,3 cm).
Estimation : 80 000/90 000 

Saviez-vous que Mozart, mort prématurément à 35 ans était franc-maçon – il a été initié en 1784 dans la loge de la Bienfaisance –, qu’il était criblé de dettes, détestait la noblesse et n’était pas l’ennemi du musicien italien Salieri ? Bien des questions et des hypothèses demeurent cependant sans réponses concernant celui qui sait déchiffrer une partition et la jouer parfaitement dès l’âge de 6 ans. Des œuvres restent également à découvrir, ou à redécouvrir. C’est le cas de cette partition offrant le début d’un Magnificat disparu dont on ne connaît que ces sept mesures. Écrite en ut majeur pour solistes et chœur, orgue et orchestre, elle est très proche des Vêpres solennelles (Vesperæ solennes de Dominica K. 321) composées en 1779 à la demande de l’archevêque de Salzbourg, et en constitue peut-être une première idée. Réputé perdu, ce manuscrit, connu par une transcription faite par le dernier fils du compositeur, Franz Xaver Wolfgang Mozart (1791-1844), publiée en 1911 mais aujourd’hui disparue, apparaît sous le marteau de Christie’s le 11 mai 2011 à Paris et recueille 115 000 €. Notre manuscrit authentifié dans la marge de droite par son fils est donné par ce dernier à Vienne le 15 avril 1839 au comte Joseph d’Estourmel, homme politique, voyageur et collectionneur d’autographes. Et mélomane semble-t-il…

Agenda
Ce catalogue nous promène à travers trois siècles de musique, de Jean-Sébastien Bach à Henri Dutilleux, grâce à des lettres, des documents, des manuscrits musicaux et des partitions imprimées. Après deux rarissimes reliques de l'auteur des Concertos brandebourgeois dont le fragment d'une cantate (100 000/120 000 € et 40 000/50 000 €) et le seul fragment d'un Magnificat perdu de Mozart (80 000/90 000 €), on appréciera les talents de copiste musical de Jean-Jacques Rousseau (12 000/15 000 €), et une lettre de Beethoven à l'archiduc Rodolphe, son élève et mécène, au sujet de la tutelle de son neveu et d'une composition musicale (50 000/60 000 €), et l'importante correspondance de Giacomo Puccini à son ami Carlo Clausetti (15 000/20 000 €). Esquisses, pages d'albums, manuscrits de travail ou mis au net, les manuscrits musicaux sont d'une grande diversité représentant toutes les formes musicales : piano (Schubert, Chopin, Saint-Saëns, Gounord…), musique de chambre avec Léonard Bernstein (1 500/2 000 €), orgue (Dupré, Olivier Messiaen), mélodie (Poulenc), musique chorale (Mendelssohn, Massenet), orchestre (Milhaud, Sauguet…), ballet (Léo Delibes, Pierné, Auric…). Ou encore l'opéra avec Les Brigands de Jacques Offenbach (manuscrit de travail de la partition d'orchestre, 70 000/80 000 €), la musique de film avec la collaboration d'Arthur Honegger pour Cavalcade d'amour de Raymond Bernard (6 000/8 000 €) et la chanson avec Lili Marlen de Norbert Schultze (2 500/3 000 €) et des brouillons de Georges Brassens et Jacques Brel.
vendredi 20 novembre 2020 - 14:00 - Live
Live confiné - 3, rue Favart - 75002
Ader , Les Collections Aristophil
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