Une théâtrale disparition vers 1516

Le 26 novembre 2020, par Caroline Legrand

À la frontière entre art gothique et Renaissance, cette Ascension du Christ est attribuée au peintre flamand Adriaen van Overbeke et à son atelier. 

Raoul Hynckes (1893-1973), Nature morte cubiste à la statuette baoulé, huile sur toile monogrammée, 81 65 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Une autre version assez proche de cette composition, réalisée par Adriaen van Overbeke et datée vers 1516, est passée sur le marché, à Amsterdam en mai 2014 (Christie’s). On y retrouve la même composition ascendante, décrivant en partie basse les apôtres entourant la Vierge Marie et, en partie haute, le Christ s’élevant dans le ciel, et dont on ne voit plus que les jambes et le bas du vêtement. La scène se passe sur le mont des Oliviers, à l’est de Jérusalem, à l’endroit même où Jésus enseigna à ses disciples la prière du Notre-Père. Y demeurent les empreintes des pas de Jésus, dernier témoignage concret de son passage sur Terre. Les pieds nus et visibles de l’apôtre agenouillé au premier plan, sans doute saint Pierre avec sa barbe blanche, font écho à ces traces. Désormais, c’est aux apôtres de répandre ici-bas parmi les hommes la parole du Christ. « Ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée », raconte saint Luc dans les Actes des Apôtres. Une sainte parole retranscrite assez fidèlement par le peintre flamand dans cette composition encore marquée par la tradition médiévale : cette manière de représenter le Christ en ne laissant visibles que ses jambes est en effet apparue vers le VIe siècle et a perduré jusqu’à la fin du Moyen Âge. Adriaen van Overbeke fut actif à Anvers au début du XVIe siècle. Recevant de nombreuses commandes, il était à la tête d’un important atelier qui exportait un grand nombre de ses œuvres, notamment vers le nord de la France, où il travailla également sur un autel pour les franciscains de Valenciennes. On ne sait que peu de choses sur sa vie, sinon son enregistrement à la guilde en 1508. Ses compositions religieuses – souvent des retables de grandes dimensions avec des volets, tel son célèbre Tryptique de la crucifixion de 1510 conservé au Maagdenhuis d’Anvers – nous révèlent quant à elles un style maniériste anversois, celui de la transition entre l’art du gothique tardif et celui de la Renaissance, marqué par des drapés abondants, des expressions appuyées chez les personnages et une recherche de mouvement.

Agenda
La peinture ancienne marquera les temps forts de cette vente lilloise du 29. Une Ascension du Christ attribuée au peintre flamand du XVIe siècle Adriaen Van Overbele et à son atelier (30 000/40 000 €) côtoiera un Portrait de jeune garçon et de son chien d'un artiste de l'école hollandaise du début du XVIIe, suiveur d'Isaac Claesz van Swanenburgh (15 000/20 000 €), ou encore une toile peinte en 1695 par Lambert Doomer, L'Amant chassé (même estimation). Côté modernes, le fauve Émile Othon Friesz livrera une huile sur panneau au dessin synthétique, aux larges cernes et aux couleurs marquées, Jeune femme dans le hamac, datée de 1915-1919 et annoncée à 15 000/20 000 €. La section sculpture offrira une belle diversité avec un groupe en marbre blanc d'Alfred Boucher – le maître de Camille Claudel –, La Philosophie de l'Histoire (25 000/30 000 €), ou encore une statue de Vishnou khmère du Cambodge du milieu du Xe, de style Transition, Koh-ker/Pre-Rup, en grès gris-vert et à négocier à 15 000/20 000 €.  
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