Sauterelle aztèque

Le 11 juin 2020, par Sophie Reyssat

Le bestiaire des Aztèques n’exclut aucune forme de vie, pas même celle des insectes.

Culture aztèque, Mexique central, postclassique (1325-1521). Sauterelle en basalte gris, 18,5 35,5 cm.
Estimation : 150 000/250 000 

En témoigne cette sauterelle issue d’une collection américaine dont le quatrième opus est dispersé (voir Gazette n° 10, page 22). Les peuples de l’Amérique précolombienne ont eu un grand respect pour les puissances naturelles, la terre nourricière et les animaux. Les croyances nahuatl des Mexicas donnent ainsi un double animal aux êtres humains, et les offrandes et les sacrifices d’animaux montrent l’importance de ces derniers dans la bonne marche du monde. Sur le site de Tenochtitlan – ancienne capitale aztèque dont les ruines sont encore visibles au cœur de Mexico –, près de quatre cents espèces animales retrouvées par les archéologues auraient ainsi été offertes aux dieux entre 1440 et 1520. La faune locale y figure, des mollusques aux oiseaux en passant par les reptiles et les mammifères, certains conservés grâce à des pratiques de taxidermie. Cette sauterelle, taillée dans le basalte, participe de cet intérêt pour la nature. Extrêmement difficile à sculpter en raison de sa dureté, la roche magmatique a dicté au sculpteur une stylisation conférant une indéniable puissance à l’insecte, qui se tient au repos et pourtant prêt à bondir. Si l’on peut se contenter d’apprécier cette sculpture pour son naturalisme, il faut envisager sa portée symbolique, qui reste à préciser. Le premier endroit de la vallée de Mexico où se seraient fixés les Aztèques, traditionnellement nomades, au XIIIe siècle, porte ainsi le nom de Chapultepec, «la colline de la sauterelle» en nahuatl…

Sauterelle aztèque

Le 11 juin 2020, par Sophie Reyssat

Le bestiaire des Aztèques n’exclut aucune forme de vie, pas même celle des insectes.

Culture aztèque, Mexique central, postclassique (1325-1521). Sauterelle en basalte gris, 18,5 35,5 cm.
Estimation : 150 000/250 000 

Les peuples de l’Amérique précolombienne ont eu un grand respect pour les puissances naturelles, la terre nourricière et les animaux. Les croyances nahuatl des Mexicas donnent ainsi un double animal aux êtres humains, et les offrandes et les sacrifices d’animaux montrent l’importance de ces derniers dans la bonne marche du monde. Sur le site de Tenochtitlan – ancienne capitale aztèque dont les ruines sont encore visibles au cœur de Mexico –, près de quatre cents espèces animales retrouvées par les archéologues auraient ainsi été offertes aux dieux entre 1440 et 1520. La faune locale y figure, des mollusques aux oiseaux en passant par les reptiles et les mammifères, certains conservés grâce à des pratiques de taxidermie. Cette sauterelle, taillée dans le basalte, participe de cet intérêt pour la nature. Extrêmement difficile à sculpter en raison de sa dureté, la roche magmatique a dicté au sculpteur une stylisation conférant une indéniable puissance à l’insecte, qui se tient au repos et pourtant prêt à bondir. Si l’on peut se contenter d’apprécier cette sculpture pour son naturalisme, il faut envisager sa portée symbolique, qui reste à préciser. Le premier endroit de la vallée de Mexico où se seraient fixés les Aztèques, traditionnellement nomades, au XIIIe siècle, porte ainsi le nom de Chapultepec, «la colline de la sauterelle» en nahuatl…

Agenda
C'est entre 900 000 et 1,2 M€ que l'on devrait livrer bataille pour le fleuron de la dispersion, un masque à crête aviaire et crocs de félin du monstre-oiseau olmèque en serpentine, de l'époque du pré-classique moyen. De cette civilisation mexicaine particulièrement bien représentée ici (voir Gazette n° 10, page 22), on a retenu également une statuette anthropomorphe (300 000/400 000 €) et une plaque gravée d'une tête d'homme-jaguar (130 000/150 000 €). Au chapitre maya, une figure de reliquaire du classique ancien en stéatite (200 000/250 000 €) voisine avec une série de neuf esprits des plantes et dieu-singe, en céramique brune (600-900 apr. J.-C., 400 000/600 000 €), et un bel exemple d'"excentrique", un silex de même époque (200 000/250 000 €).
jeudi 18 juin 2020 - 16:00 - Live
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Binoche et Giquello
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