Un Majorelle redécouvert

Le 19 mars 2020, par Caroline Legrand

VENTE REPORTÉE. Dénichée lors d’un inventaire successoral dans les communs d’un château en Sologne, cette huile sur carton sortie de l’oubli a été peinte en 1927 par Jacques Majorelle.

Jacques Majorelle (1886-1962), La Kasbah du caïd Larbi Dardoui ou Tamgout, vallée du Souss, 1927, huile sur carton, signée, datée et située, 50 61 cm.
Estimation : 15 000/25 000 

Voici un bel exemple de la production du célèbre peintre orientaliste dans les années 1920, peu après son installation en 1917 au Maroc suite à des problèmes de santé. Si cette œuvre fut déclarée perdue pendant plus d’une cinquantaine d’années, elle était connue des spécialistes, puisqu’elle figure dans l’ouvrage monographique de Florent Fels, publié en  931 chez L’Art et les artistes. Après avoir passé quelques années à Marrakech, le peintre décide en 1921 d’élargir son champ d’activité, et de partir à la rencontre des cités de l’Atlas, au sud du pays, dans la région des «mille kasbahs». Le peintre obtient une autorisation exceptionnelle de voyager dans le pays, devenant l’un des premiers artistes à s’aventurer dans ces contrées isolées du monde extérieur. Il y découvre les villes couleur ocre à l’architecture cubiste et multiplie les séances de travail, variant les points de vue et les lumières, afin de saisir au mieux l’âme de ces cités millénaires et de leurs habitants. Si Majorelle est basé dans sa villa mauresque de Marrakech, construite en 1923, il réalise régulièrement des séjours dans l’Atlas, qui demeure l’un des sujets de prédilection de ses peintures alliant une stylisation décorative à des compositions chromatiques nuancées et vibrantes, d’où émanent spiritualité et authenticité.

à savoir
La vente, initialement prévue le samedi 28 mars,
est reportée à une date ultérieure.
Agenda
Peintre nancéien installé au Maroc, Jacques Majorelle sera en tête de cette affiche avec une huile sur carton de 1927, La Kasbah du Caïd Larbi Dardoui ou Tamgout, vallée du Souss, qui pourrait atteindre les 15 000/25 000 €. On trouvera par ailleurs des lots plus classiques comme une tapisserie française de la fin du XVIe des Ateliers de la Marche, Aubade à la joie (6 000/8 000 €), un dessin à la pierre noire, lavis gris et lavis brun intitulé La Toilette de Vénus, de Charles-Joseph Natoire (3 000/4 000 €), et une table trictrac Louis XVI en acajou estampillée Claude Mathieu Magnien (1 800/2 000 €). Signalons enfin, pour ceux qui aiment l'art nouveau, la présence d'un vase en grès à décor de feuilles en bas relief, aux anses formées par deux boutons de fleurs (3 000/4 000 €). 
vendredi 01 mai 2020 - 14:00
Blois - 32, avenue Maunoury - 41000
Pousse-Cornet