L’Italie rêvée de Claude Bonnefond

Le 17 mars 2020, par Caroline Legrand

Vente reportée. Claude Bonnefond marqua la peinture lyonnaise du XIXe siècle par son style romantique, tourné vers les représentations idéalisées de la vie quotidienne italienne.

Claude Bonnefond (1796-1860), L’Attente, huile sur toile, signée et titrée, 66 83 cm.
Estimation : 7 000/10 000 

Passé par la galerie Michel Descours en avril 1991, ce tableau est à rapprocher du n° 33 du salon lyonnais de la Société des amis des arts en 1837, présenté sous le titre de L’Attente ; scène du mois d’octobre à Rome. Une femme élégamment vêtue, allongée à même la terre aux côtés de ses instruments de musique, regarde au loin une scène de liesse populaire. Une peinture baignée d’une belle lumière, évoquant une allégorie de l’automne naissant. Tout l’univers du peintre lyonnais, grand amoureux de l’Italie, où il a de nombreuses fois séjourné durant toute sa vie, est réuni dans ce tableau. Claude Bonnefond a étudié aux beaux-arts de sa ville natale, dont il deviendra un directeur remarquable à la fin de sa carrière, notamment pour l’atelier du peintre troubadour Pierre Revoil. Il commence à exposer en 1814 à Lyon, puis à Paris, où sa toile La Chambre à coucher des petits savoyards est achetée par le duc de Berry en 1817. Bonnefond monte alors sur Paris pour parfaire sa formation auprès du peintre néoclassique Pierre-Narcisse Guérin, qui lui permettra d’affiner sa technique. Son maître lui ouvre également les portes de Rome, quand, devenu directeur de la villa Médicis, il invite son élève à le rejoindre en 1824. La découverte de ce pays et la rencontre de nouveaux artistes donnera un nouveau souffle à son style, particulièrement sensible dans ses scènes de plein-air lumineuses aux accents romantiques.

Agenda
AVIS : VENTE REPORTÉE Georges Braque s'imposera avec une œuvre inédite sur le marché : une nature morte de 1928 Pichet, pipe, tabac provenant de la collection Roger Dutilleul et conservée depuis dans la famille de ce célèbre collectionneur des avants-gardes du début du XXe siècle. Un tableau attendu à 180 000/220 000 € (Voir Gazette n° 8, page 18). Le peintre fauve Henri Manguin livrera quant à lui, moyennant 8 000/12 000 €, une charmante scène intimiste Maternité de 1903 et le Lyonnais Claude Bonnefond cèdera, contre 7 000/10 000 €, L'Attente, une scène allégorique idéalisée dans la campagne romaine. Côté mobilier, relevons une commode Régence en placage de palissandre et façade en arbalète, attendue à 6 000/8 000 €, alors que côté objets d'art, ce sera un coffret Louis XIV à doucine et galbé de forme rectangulaire et aux angles concaves à marqueterie d'écaille brune et de laiton, travail "à la Berain", proche de celui de Bernard Ier Van Risenburgh dit BVRB Ier, qui pourrait s'élever à 4 000/6 000 €. 
vendredi 01 mai 2020 - 14:30 - Live
Lyon - 8, rue de Castries - 69002
Conan Hôtel d’Ainay - Cécile Conan Fillatre Commissaire-Priseur Judiciaire