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Lot n° 510

Auguste Rodin

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Auguste Rodin (1840 Paris - Meudon 1917) - Mouvement de danse, étude type I, petit modèle. Bronze à patine noir-vert, monté sur un socle en pierre noire. (env. 1911). Env. 13 x 25 x 8 cm (socle env. 21 x 8 x 2,5 cm). Un des 5 exemplaires, exécuté en 1964. Sur la jambe droite, le nom de l'artiste est gravé ainsi que les mentions gravées ".© by musée Rodin. 1964." et ".Georges Rudier. / .Fondeur. Paris". Le Normand-Romain II, page 539 (n° inv. "S. 662"). - Petit bronze expressif de l'œuvre de Rodin à maturité. - La sculpture explore l'espace à travers le corps du personnage dansant et constitue ainsi une étude de mouvement moins anatomique qu'émotionnelle. - Les marraines des danseuses de Rodin étaient entre autres Isadora Duncan, Loïe Fuller ou Alda Moreno. Déformé par le mouvement, le corps se tord sur le socle. Déformée et ne répondant plus à une plausibilité anatomique, la personne semble s'agiter en extase. Rodin réunit ici des intérêts que l'on peut toujours retrouver dans l'ensemble de son œuvre : La curiosité de lire l'émotion dans le corps humain et l'étude des modèles de l'histoire de l'art. Le bronze de danse qu'il propose ici n'est pas seulement anatomiquement douteux, il est également incomplet. Le pied gauche ainsi que l'avant-bras droit manquent. Ces parties manquantes ne sont pas des points de rupture, bien au contraire ! Il manque toujours des membres dans l'œuvre de Rodin, il se limite à ce qui est essentiel pour le message de son œuvre et réduit la forme. De même que cette figure dansante n'a pas besoin d'un visage identifiable, tous les détails physiques ne sont pas nécessaires. En même temps, Rodin s'inscrit ainsi dans la tradition des torses dans l'histoire de l'art. Depuis la Renaissance, des artistes comme Michel-Ange s'intéressaient à imiter les fragments antiques des sculptures, à faire du fragment une pièce finie. Rodin, qui ne cesse de citer Micheangelo dans son œuvre et de se confronter à ses travaux, crée dans les bronzes de danse des corps tout aussi inachevés, qui n'ont pas besoin de certains détails. Pour les danseurs, Rodin ne trouve pas son inspiration dans le ballet classique français, dominé par la rigueur et la beauté parfaite des formes. Certes, Alda Moreno, une représentante de cette tradition, est l'un des modèles de l'artiste, mais ce sont aussi et surtout des artistes comme Loïe Fuller ou Isadora Duncan qui inspirent Rodin - et ses contemporains artistes - avec leurs nouvelles perspectives sur la danse et les limites du corps humain. Pour elles, il s'agit moins d'une danse académique qui domine le corps que d'un mouvement qui se développe à partir du corps lui-même. Les artistes dansent avec le corps, et non contre lui, et s'engagent ainsi dans de nouvelles perspectives. Des points de vue qui inspirent Rodin, par exemple, pour le petit bronze proposé ici, où la sensation subjective et la mesure du corps dans l'espace jouent un rôle central. Provenance : Collection privée Kurt Delbanco, New York, transmise par héritage à l'actuel propriétaire ; Collection privée, New York. Taxation : Impôt sur la différence plus 7% (VAT : Margin Scheme (non EU)).

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