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Lot n° 3005

MAÎTRE DE SAN MINIATO (LORENZO...

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Estimation : Réservé aux abonnés

MAÎTRE DE SAN MINIATO (LORENZO DI GIOVANNI DI NOFRI)
(avant 1465 Florence 1512)
Marie à l'Enfant et Saint François d'Assise et Julien l'Hospitalier.
Tempera sur bois.

69,5 × 41,5 cm.

Provenance :
- Collection Han Coray (1880-1974), Erlenbach (comme Francesco Pesellino).
- Vente aux enchères Wertheim, Berlin, collection Han Coray, 1.10.1930, lot 4 (comme Francesco Botticini).
- Vente Fischer, Lucerne, 2-5.9.1942, lot 1140.
- Collection privée suisse.

Littérature :
- Raimond van Marle : The Development of Italian Schools of Painting, t. XVI, La Haye 1937, p. 198 (comme Master of San Miniato).
- Bernard Berenson : Peintures italiennes de la Renaissance. Florentine School, t. I, Londres 1963, p. 147, planche 1050 (comme Master of San Miniato).
- Serenella Castri, dans : Gigetta Dalli Regoli (éd.) : Il Maestro di San Miniato. Lo stato degli studi, i problemi, le risposte della filologia, Pisa 1988, p. 220, cat. nr. 16, ill. 139.

Avec une analyse détaillée de l'histoire de l'art par le professeur Gaudenz Freuler, juillet 2022.

Le présent panneau montre la mère et l'enfant en présence de saint François d'Assise et de saint Julien. Au-dessus d'elle, en signe de la grâce miséricordieuse de Dieu, flotte la Sainte Trinité sous la forme d'un siège de grâce flottant. Le panneau florentin incarne le type de "colmo da camera", très apprécié à la Renaissance florentine. De tels tableaux, généralement fabriqués dans des dimensions standardisées d'environ 60-70 cm de haut, étaient généralement accrochés dans les chambres à coucher des maisons bourgeoises aisées, où ils servaient à la dévotion privée. Leur contenu illustrait la plupart du temps de manière allusive, avec des insertions symboliques, la grâce divine et la miséricorde de Marie grâce à sa maternité divine et apportait ainsi du réconfort au dévot devant le tableau.

Le style du présent tableau, également attribué à Francesco Botticini, ne laisse guère de doute sur le fait qu'il s'agit d'une œuvre du soi-disant Maître de San Miniato, auquel il est également attribué depuis Raimond Van Marle (voir littérature). Ce peintre florentin, longtemps resté non identifié, a reçu son nom de secours en raison de son retable de la Vierge à l'Enfant entre les saints Sébastien, Jean-Baptiste, Martin et Roch dans l'église Santi Jacopo e Lucia à San Miniato, une petite ville entre Florence et Pise. Cet artiste a récemment été identifié comme Giovanni di Lorenzo di Nofri (voir Anna Maria Bernacchioni : Tradizione e arcaismi. Le forme della tradizione : pittori fra continuità e innovazioni, in : Maestri e botteghe. Pittura a Firenze alla fine del Quattrocento, cat. d'exposition. Mina Gregori / Antonio Paolucci / Cristina Acidini Luchinat (éd.), Palazzo Strozzi, Florence, 16.10.1992-10.1.1993, p. 178-179 ainsi que Anna Maria Bernacchioni : Pale d'altare della seconda metà del Quattrocento : Committenza e recupero delle identità artistiche, in : Antonia D'Aniello (hrsg) : Pittura e scultura nella chiesa di San Domenico a San Miniato. Studi e restauri, Pise 1998, p. 37-41). Ce dernier était un élève de Neri di Bicci (1418-1492), dans l'atelier duquel il est attesté de 1465 à 1466 (voir Bruno Santi (éd.) : Neri di Bicci, Le Ricordanze (10 mars 1453-24 avril 1475), Pise 1976, p. 244-245, 264, 268-269, 272). En 1472, il prend son indépendance et dirige son propre atelier de peinture "al canto dei Servi", au coin de la place en face de la basilique Santissima Annunziata à Florence (voir Bernacchioni 1992, p. 179). Par rapport à l'art pictural de son maître, Neri di Bicci, le style de Giovanni di Lorenzo est plus élaboré et fait référence à l'art des principaux contemporains florentins. Il met l'accent sur un modelage plus clair en clair-obscur de ses personnages et, de manière générale, sur une articulation plus nette des volumes et des contours. En même temps, il s'inspire du répertoire de figures de Filippo Lippi, qui confère à ses visages de madones et de saints une délicatesse parfois androgyne.

Les racines artistiques de Filippo Lippi sont également visibles dans ce panneau, mais des éléments d'un mouvement artistique plus récent s'y font également sentir, qui révèlent des tendances issues de la tradition d'Andrea Verrocchio, partagées dans les années 1470 par Sandro Botticelli (1445-1510) et Filippino Lippi (1457-1504), qui travaillent avec lui. Il s'agit des tendances artistiques d'Andrea Verrocchio (1435-1488) qui, avec son sens de la tridimensionnalité particulièrement prononcé en tant que sculpteur, les transpose également dans la peinture et présente une manière de peindre qui s'oriente vers une définition plus forte des volumes avec un clair-obscur plus accentué, qui deviendra vers 1470 la mesure de toute chose dans la peinture florentine. Cet alignement sur l'art d'Andrea Verrocchio, sur le substrat de l'art suggéré par Filippo Lippi (1406-1469), est également alia dans la présente œuvre du maître de San Miniato.

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