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Lot n° 8

RELIEF VOTIF DE L'ABBAYE NOTRE-DAME-DU-PALAIS...

Résultat : Non Communiqué
Estimation : Réservé aux abonnés

RELIEF VOTIF DE L'ABBAYE NOTRE-DAME-DU-PALAIS Limousin, 1412
Pierre
Restaurations
H. 82 cm ; L. 72 cm ; P. 21 cm
Inscription lacunaire en lettres gothiques sur le cadre, avec la date 1412
Deux écus à la dague avec son fourreau passés en sautoir
Provenance
Abbaye Notre-Dame-du-Palais, Bourganeuf
Collection privée, Sud-Ouest de la France
Ce relief votif, en deux parties, a été commandé en 1412 sous l'abbatiat de Jean II Richier pour Notre- Dame-du-Palais. Cette abbaye cistercienne, fondée au XIIe siècle et en partie détruite au XVIIIe siècle, a été vendue à la Révolution. Restée propriété privée, elle a depuis été transformée en Chambre d'hôtes.
Les personnages sont sculptés en très haut relief. Ils sont abrités dans un cadre en pierre à moulurations toriques. Deux écus à la dague ornent les angles supérieurs, en accord avec le thème cynégétique de la légende de saint Eustache représentée au-dessous.
Dans la partie droite, le saint en oraison figure debout au milieu d'un cours d'eau tandis qu'à ses pieds un loup et un lion lui ravissent ses deux fils, dont l'un figure ici sous les traits d'un nourrisson. A ses côtés, deux anges couronnent la Vierge. Elle tient une fleur de lis dans la main droite, l'Enfant muni d'un phylactère sur le bras gauche.
Dans la partie gauche, le saint paraît une nouvelle fois. Il est agenouillé près de son cheval, accompagné de ses chiens et de veneurs tonsurés.
La légende raconte qu'Eustache s'est converti au christianisme après avoir vu le Christ apparaître entre les bois d'un cerf. Il se fit baptiser le soir même avec sa femme et ses deux fils, puis quitta Rome en famille par la mer. Il subit vaillamment une série d'épreuves.
Arrivé à Alexandrie, il aide ses enfants à franchir le Nil mais au moment où il se trouve au milieu du fleuve surgissent deux bêtes féroces... De retour à Rome, il sera condamné à être jeté en pâture aux bêtes féroces du cirque avant d'être finalement placé dans un taureau d'airain rougi au feu. Patron des chasseurs, il est surtout l'un des Quatorze saints intercesseurs, manifestement prié ici de veiller au Salut de la communauté cistercienne de Notre-Dame-du-Palais.
Le choix inhabituel de faire représenter le chasseur en compagnie de ses veneurs, a fortiori tonsurés, ou la scène du Passage du Nil témoigne de l'implication du commanditaire dans la réalisation de ce hautrelief pour lequel fut choisi un artiste de grande qualité. Le rendu des étoffes doublée de fourrure, le plissé des drapés, le détail des accessoires ou de l'anatomie des chiens montrent une observation fine de son environnement quotidien. Notre sculpteur fait ainsi preuve d'une sensibilité au monde qui l'entoure encore rare au début du XVe siècle mais déjà recherchée par les amateurs.

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