Lot n° 1
Vente terminée
Résultat : Non Communiqué
JACQUES CALLOT
Les Caprices et Les Gobbi, deux suites complètes reliées dans une reliure ancienne en vélin (10 x 14 cm, salissures et taches sur la reliure, les angles supérieurs de la reliure abimés). La réunion de ces deux suites complètes, en tirage homogène et précoce, est particulièrement rare.
- Les Caprices, deuxième série gravée à Nancy, rare suite complète de 50 pièces, 1622, eau-forte, environ 5 x 8 cm, bonnes marges (Lieure 428-477 i/ii sauf 429 i/i), très belles épreuves homogènes avant les numéros, les fonds bien nets, quelques légères rousseurs, taches et salissures essentiellement dans les marges, quelques planches portent des traces de stylet ou de pli vertical, petit trou dans L. 428 et dans la marge de L. 457, petites taches dans L. 452, 439, 446, infimes trous dans les 6 premières planches, pas de filigrane.
- Les Gobbi, rare suite complète de 20 pièces et un frontispice, 1616-1621, eau-forte, environ 6 x 8 cm, bonnes marges (Lieure 279 i/ii, 407 i/i, 408-426 i/ii), belles épreuves homogènes du premier état avant l'adresse de Silvestre et les numéros, suite bien complète de la planche L. 407 qui disparait très tôt, la planche L. 412 en premier état (sur 3) avec le terrain complet à gauche, quelques légères rousseurs, taches et salissures essentiellement dans les marges, quelques petites déchirures et petits manques dans les marges des planches L. 418, 411 et 409, petit trou dans L. 417, légères taches dans L. 425, 416, 419, certaines planches avec des traces de stylet, pas de filigrane.

Expert monsieur Antoine CAHEN : 06.08.97.33.58

La suite des Caprices est l'une des plus célèbres de Callot. Probablement gravée en 1617, elle marque une nette rupture avec toutes les eaux-fortes qui l'ont précédée. Ici apparaissent pour la première fois réunies les importantes innovations techniques de Callot : vernis dur des ébénistes, taille simple remplaçant les tailles croisées, emploi de l'échoppe au lieu de la pointe pour donner l'illusion du dessin. Bref, tout ce qui permet à l'aquafortiste de rivaliser avec les burinistes mais de façon moins laborieuse, plus légère et plus spontanée. La série est surtout fameuse pour ses petits tableaux, chefs-d'oeuvre d'un genre jusqu'alors inconnu, renfermant dans un espace minuscule les espaces immenses des places de Florence emplies d'une foule innombrable et de divertissements populaires. Les Caprices, qui plongèrent amateurs et artistes dans la stupéfaction, suscitent dès leur publication à Florence un fort engouement. De retour en Lorraine en 1621, n'étant plus en possession des cuivres ou ceux-ci étant trop usés, Callot grave de nouveau la suite entière à Nancy, pour satisfaire la demande du public. On retrouve dans la suite présentée ici la finesse dans les détails et les lointains argentés qui ont fait la renommée de cette série.
La suite des Gobbi est l'une des plus populaires de Callot, l'une de celles qui accréditèrent l'image du graveur comme d'un artiste du grotesque et du fantastique, inspiré par l'art flamand issu de Jérôme Bosch et Bruegel le Vieux. Mais le Gobbo est un bossu en italien : les Gobbi sont des nains difformes. Des troupes de Gobbi parcouraient l'Italie, participant aux fêtes de cour aussi bien qu'aux divertissements populaires. Si les dessins de Callot (en partis conservés au Louvre) ont été réalisés à Florence en 1616, la suite a été gravée et publiée à Nancy en 1621. (D'après sous la direction de P. Choné, Jacques Callot, 1592-1635, Nancy, musée historique lorrain, 1992, n°171-194 et 196-226).
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