Lot n° 49

MUSSET (Alfred de).

Vente terminée
Lettre autographe signée à Arsène Houssaye, (s.l.) 4 août 1851. 4 pages in-8.  
Remarquable et rare lettre sur le théâtre, qui fut reproduite en fac-similé par Arsène Houssaye au premier tome de ses Confessions, publiées en 1885 (il ne reproduit que les 13 dernières lignes).
Il explique à son ami «J'ai dit hier à Mr Daresme que j'hésitais à faire ma lecture et voici la raison de mon hésitation: c'est que j'ai vu, d'après un relevé des recettes, que ce n'était pas la faute de Marianne si elle avait été interrompue et par conséquent sacrifiée (vous savez comme moi que l'un vaut l'autre). Une pièce mise de côté pendant 10 ou 12 jours à la 15ème représentation est oubliée, c.a.d. perdue. Cette petite pièce était de toutes les miennes celle que la critique avait le mieux accueillie. Elle ne déplaisait pas au public. Ni littérairement ni pécuniairement je ne crois qu'elle méritât son sort.
Je viens de me donner à peu près autant de peine pour arranger Barberine que pour faire une pièce nouvelle. J'ai ajouté presque un acte entier, qui n'était pas fait. Vous comprenez donc qu'il m'en coûte de perdre de nouveau mon travail. Vous ne pouvez pas, dites-vous, prendre d'engagement, et d'ailleurs le plus ou moins d'appui que le théâtre donne à une pièce est une chose complètement ad libitum. Voici donc ce qui m'a semblé. Si vous n'êtes pas à mon égard dans une intention défavorable, il faudrait consentir à m'en donner quelque preuve. Je ne prétends pas être joué 4 fois par semaine, mais je pourrais l'être moins que 2 fois en quinze jours. Si au contraire, vous gardez contre moi et ma pièce le ressouvenir de quelques difficultés survenues au mois de janvier dernier (et dans lesquelles j'ai reconnu avoir tort) vous concevrez que je dois m'abstenir. Mais vous me permettrez d'ajouter que c'est vous souvenir bien longtemps d'un tort convenu, et en témoigner une rancune un peu forte et à mon nom, et à ma bourse (...)».
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