Lot n° 23

DIDEROT (Denis).

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Résultat : Non Communiqué
Le Fils naturel, ou Les Preuves de la vertu. Comédie en cinq actes, et en prose, Avec l'Histoire véritable de la Pièce. Amsterdam, s.n., 1757. In-8, veau marbré, triple filet doré, armoiries au centre, dos orné, pièces d'armes (alérion et lion rampant) répétées, pièce de titre rouge, tranches rouges (Reliure de l'époque).
Édition originale de la première pièce de théâtre de Diderot.
La pièce, composée en 1756 et dont l'intrigue s'inspire de l'histoire du Véritable ami de Goldoni (1750), fut très peu jouée et n'eut aucun succès. Sa publication (février 1757) fait néanmoins date dans l'histoire du théâtre puisque c'est dans les Entretiens sur Le Fils naturel, discours publié à la suite du texte de la pièce et qui se présente comme un prolongement de celle-ci, que Diderot expose la théorie du «drame bourgeois», genre intermédiaire entre la comédie et la tragédie par lequel il entend révolutionner l'idée et la pratique du théâtre.
Important exemplaire aux armes de Charles II François Frédéric de Montmorency-Luxembourg (1702-1764), pair et maréchal de France. Il est évocateur de la brouille définitive entre Rousseau et les encyclopédistes.
Le maréchal fut le protecteur de Jean-Jacques Rousseau : c'est lui qui, après la dispute du philosophe avec Madame d'Épinay, l'abrita dans une petite dépendance de son domaine de décembre 1757 jusqu'à cette fameuse nuit de juin 1762 où l'auteur de L'Émile partit à la hâte se réfugier en Suisse.
Quant à la pièce de Diderot, que Rousseau eut entre les mains et lut avec attention, elle précipita la rupture entre les deux hommes : Depuis mon établissement à l'Ermitage, Diderot n'avoit cessé de m'y harceler [...]. Après la publication du Fils naturel, il m'en avoit envoyé un exemplaire, que j'avois lu avec l'intérêt & l'attention qu'on donne aux ouvrages d'un ami. En lisant l'espèce de poétique en dialogue qu'il y a jointe, je fus surpris & même un peu contristé, d'y trouver, parmi plusieurs choses désobligeantes mais tolérables, contre les solitaires, cette âpre & dure sentence, sans aucun adoucissement : Il n'y a que le méchant qui soit seul. [...] J'aimois tendrement Diderot ; je l'estimois sincèrement [...]. Mais excédé de son infatigable obstination à me contrarier éternellement sur mes goûts, mes penchants, ma manière de vivre [...] j'avois déjà le cOeur plein de ses torts multipliés (Les Confessions).
Habiles restaurations à la reliure (coins, coiffes et mors).
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