Lot n° 13

BLESSEBOIS (Paul-Alexis, dit Pierre-Corneille…

Vente terminée
Marthe le Hayer ou Mademoiselle de Sçay. S.l., Imprimé pour l'Auteur, 1689. Petit in-12, maroquin rouge, double filet à froid, roulette dorée intérieure, tranches dorées sur marbrure (H. Duru).
Gay-Lemonnyer, t. I, col. 731. — Willems, n°1895.
Rarissime pièce libre dans laquelle l'auteur déverse un torrent d'obscénités contre son ancienne maîtresse Mademoiselle de Sçay, qu'il avait autrefois enlevée et qu'il dépeint comme une courtisane : je renonce à vous comme au Diable & fait profession ouverte de vous haïr toute ma vie. [...] Vos yeux sont plus creux, & jettant moins de lumière que la coupe d'une noix, votre nez est un retrait où la Nature a tant renfermé d'ordures qu'on ne peut vous aprocher sans étoufer, & votre bouche recèle plus de vers qu'un fromage pourri [...].
La comédie est reliée à la suite de deux des trois pièces des Oeuvres satyriques (Leyde, 1676) de Blessebois : L'Almanac des belles pour l'année 1676 et L'Eugénie, tragédie dédiée à Son Altesse le prince d'Orange. En tête figure le frontispice de ce volume, gravé en taille-douce par J. Smeltzing et représentant une scène galante.
La vie de débauchée de Blessebois, poète licencieux normand que le bibliographe Lachèvre surnomma le «Casanova du XVIIe siècle», fut une succession d'emprisonnements et de bannissements. Cet auteur sulfureux, à qui l'on doit le fameux Zombi du grand Pérou (1697), roman qui avait tant excité la curiosité de Charles Nodier (qui le croyait imprimé aux Antilles) termina obscurement son existance romanesque d'aventurier aux Amériques. Louis Loviot, qui lui consacre un long article dans la Revue des Livres anciens, (II, 1917).
Des bibliothèques Millot (1846, n°769) et Jean-Claude Delauney (2005, n°15).
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