Lot n° 74
Vente terminée
Édouard MOYSE (1827-1908)
Synode israélite convoqué à Paris en 1807 (Le Grand Sanhédrin)
Huile sur toile, signée en bas à droite et datée 1872.
(Très petits manques)
Haut. : 72 cm ; Larg. : 106 cm.
Inscriptions au crayon au dos du cadre et du chassis, probablement autographes : rue du parc royal (Marais) / Synode israélite convoqué à Paris en 1807

Peintre juif d'origine lorraine, Édouard Moyse est un peintre majeur du Judaïsme au XIXe siècle. C'est le premier artiste qui choisit d'exposer au Salon des scènes de la vie juive et des moments fondateurs pour les juifs émancipés et intégrés à la nation. Il illustre ainsi un idéal où s'entremêlent les valeurs françaises et celles du judaïsme.

Parmi les tableaux qu'il a présenté au Salon et sûrement le plus connu d'entre eux, figure celui dans lequel Edouard Moyse a choisi de représenter la Convocation par Napoléon du Grand Sanhédrin. Ce choix ne doit rien au hasard. En effet, cette convocation est l'événement fondateur du Judaïsme français moderne. Elle met en place une nouvelle organisation de la communauté juive et promeut l'intégration des juifs dans la société française. Le choix par Napoléon du terme de Grand Sanhédrin ne doit d'ailleurs rien au hasard. Napoléon a choisi de ressusciter une institution disparue depuis des siècles. Il visait par cela d'une part à restituer aux israélites la dignité qu'ils avaient perdu depuis des siècles et espérait d'autre part, pouvoir ainsi influencer leurs décisions et les inscrire dans la modernité. C'est ce double mouvement que Moyse essaie de représenter.

Cette scène est originellement connue par sa version datée de 1868. Exposée au Salon la même année, elle y fit sensation. Notre version inédite et inconnue jusqu'à ce jour présente quelques différences avec le tableau d'Édouard Moyse conservé au Musée des Beaux-Arts à Nancy et semble plus achevée. Si globalement la scène est traitée de la même façon, certaines parties ont toutefois été retravaillées. Les personnages sont mis à distance, les détails sont plus précis. Le personnage à gauche de l'orateur est modifié. Un rabbin est ajouté sur le banc en arrière-plan. La comparaison entre la version exposée au Salon, la version présentée à la vente et la lithographie titrée Grand Sanhédrin et imprimée par Cadart montre que la lithographie reprend la version présentée à la vente et non celle du Salon. Ce qui laisse supposer que Moyse a trouvé préférable de transcrire en lithographie la version présentée à la vente plutôt que la version du Salon.

Bibliographie :

Jean Bernheim, Edouard Moyse ou la peinture israélite 1827-1908. Paris, Editions esthétiques du divers, 2012.

Oeuvres en rapport :

GRAND SANHEDRIN DES ISRAÉLITES DE FRANCE :

Étude pour le tableau présenté au Salon de 1868. M.A.H.J, Paris, Numéro d'inv.94.09.001.

Le grand Sanhédrin des Israélites de l'Empire français convoqué à Paris par ordre de Napoléon 1er le 4 février 1807, 1868. Musée des Beaux-Arts, Nancy.

Emile Vernier. Grand Sanhédrin des Israélites de France, Lithographie imprimée par Lemercier d'après le tableau d'Édouard Moyse.
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