Lot n° 30

Charles BAUDELAIRE

Vente terminée
Lettre signée par «Charles Baudelaire», que le poète a dictée au Docteur Marcq ou à Gustave Millot, ne pouvant plus écrire. Elle est adressée de Bruxelles, l e vendredi 30 mars 1866. Cette lettre est la dernière que Baudelaire adressera à son ami Narcisse Ancelle. Sa maladie devenant de plus en plus contraignante, le poète ne peut plus bouger et doit s'aliter. Ne pouvant plus écrire, il dicte son courrier. Cette lettre du 30 mars est pathétique. Il remercie son ami, qu'il sait tiraillé entre le plaisir qu'il veut lui donner et les volontés de sa mère, résumant sa vie à trois faits: son immobilité, ses dettes, mais aussi son travail. L'affaire de la publication de son livre sur la Belgique le préoccupe toujours. Il ne pourra conclure l'affaire de son vivant. La lettre forme une page, in-8, avec adresse et cachets postaux. Petits trous. «Mon cher ami, Je vous remercie vivement de votre toute cordiale lettre, j'en apprécie tous les excellents sentiments, mais je vois avec peine que d'un côté vous vous pressez un peu trop, et que de l'autre c'est surtout pour complaire à ma mère. 1°.Je ne peux pas bouger. 2°.J'ai des dettes. 3°.J'ai pour finir mon travail, cinq ou six villes à visiter. Nous nous entendrons par lettres infiniment bien sur une foule de points. Ne négligez pas la femme de l'Hôtel. Sans recommencer l'affaire Dentu, sachez seulement ce qui s'est passé dans son esprit, et ne lui laissez le plan que s'il tient à faire l'affaire. Dites-lui, si vous voulez, que je suis souffrant, mais ne lui dites pas la vérité sur mon cas! Écrivez-moi quelques mots et présentez mes respects à votre femme. Ma mère voulait offrir 1.000 frs. à cette fichue bête ; obéissez-lui. Excusez mon style écourté. J'emprunte la plume d'un autre. Tout à vous.» Références : Baudelaire Lettres - 1841-1866. Mercure de France 1907. pages.538-539. Correspondance Générale. Tome V. Pages 315 et 316. Exposition : Petit Palais. 1968.
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