Lot n° 11

CHINE, DYNASTIE MING, FOURS DE…

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XIVe/XVe SIÈCLE POUR LA PORCELAINE FRANCE, ÉPOQUE LOUIS XV, VERS 1750 POUR LA MONTURE IMPORTANT VASE Grès porcelaineux à couverte céladon et bronze doré
Poinçon au «C» couronné (1745-1749)
H. 51 cm, L. 31 cm, P. 23 cm
Cet important vase se pare d'un décor en très léger relief de feuillages mouvementés au col et à la panse, cette dernière présentant une frise de motifs floraux en sa partie supérieure et des cannelures s'apparentant à des pétales de lotus à la base. L'ensemble est agrémenté d'importantes montures en bronze doré dont deux importants rinceaux aux frises de fleurs et de piastres formant les anses; la lèvre à frise de motifs feuillagés et moulures; l'encolure à frise enrubannée; et la base circulaire à frise de rinceaux.
Notre vase est parmi ces chefs-d'oeuvre de la culture de l'objet d'art qui fait rêvée l'aristocratie Européenne du XVIIIe siècle Français. Un céladon exceptionnel, d'une couleur douce combiné aux montures de bronze doré d'or moulu.
La couverte des céladons de Longquan est d'un vert particulièrement clair. Ces porcelaines furent exportées dès le XIIIe siècle vers les pays islamiques, le Moyen Orient, puis l'Europe. Elles furent extrêmement appréciées et tinrent une place importante dans les collections d'amateur européens (fig. 1).
L'une des raisons les plus singulières d'une telle faveur à l'égard des céladons fut pendant longtemps la conviction que l'on avait alors du pouvoir de ce matériau d'être capable, par simple changement de couleur, de déceler le poison avec lequel il aurait pu être mis en contact.
A Paris, au milieu du XVIIIe siècle, le marchand-mercier Lazare Duvaux, établi rue Saint-Honoré, s'était spécialisé dans les objets montés. Son Livre-Journal couvrant les années 1748-1758 fut publié par Louis
Courajod en 1873 et fait état de nombreux objets en céladon pour lesquels le marchand s'octroyait les services des plus grands bronziers de son temps, dont Duplessis, afin de les garnir «en bronze doré d'or moulu», comme un modèle du XIVe siècle reprenant le décor de notre exemplaire, à savoir aux pétales de lotus et au décor floral en léger relief (fig. 2). Parmi ces objets recherchés tant par les membres de la famille royale, que ceux de la haute aristocratie, des financiers ou encore des grands fonctionnaires de l'administration de la Couronne, quelques-uns atteignirent des sommes très importantes.
Ainsi le 13 septembre 1750, le marquis de Voyer se portait acquéreur de «Deux gros vases de porcelaine céladon, montés par Duplessis en bronze doré d'or moulu» pour la somme exorbitante de 3000 livres.
Le 11 janvier 1752, le prince de Turenne dépense 1680 livres pour «Un vase en hauteur de porcelaine céladon, monté en bronze doré d'or moulu».
Le 5 août 1755, la marquise de Pompadour achetait pour 1500 livres «un gros vase couvert de porcelaine céladon, brodé en bas-relief, garni en bronze doré d'or moulu» qu'elle fit livrer au château d'Arnouville, cadeau à Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville (1701-1794), contrôleur général des Finances, pour le soutien qu'il lui avait apporté, à la cour, contre le parti dévot. Ce fameux vase, aux montures également attribuées à Duplessis, fut vendu à Paris 1.520.000 par la maison Sotheby's, le 23 juin 2004 (lot n° 58) (fig. 3). Un exemplaire, quant à lui plus récent, mais s'inscrivant dans la même tendance d'ornementation fut proposé à la vente par Christie's Londres le 4 juillet 2019 lors de la dispersion de la collection du Baron Gustave de Rothschild (1829-1911), et adjugé pour 212.500 £ (lot n°49)(fig. 4)
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